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Le changement climatique amplifie le phénomène El Niño à des niveaux sans précédent

Celui-ci actuellement en cours devrait être le plus puissant depuis le début des relevés modernes

— FotoKina / Shutterstock.com

L’analyse de coraux aux Galápagos indique que la variabilité du phénomène El Niño a augmenté significativement au cours des 40 dernières années, parallèlement à la hausse rapide des températures mondiales.

Lire le passé dans les coraux

Observé dans l’océan Pacifique tropical oriental, El Niño se caractérise par l’affaiblissement des vents le long de l’équateur, qui limite la remontée d’eaux plus froides des profondeurs. En conséquence, la température de surface de l’océan augmente, favorisant notamment des pluies abondantes sur la côte ouest de l’Amérique du Sud et des conditions plus sèches en Australie et en Indonésie.

Si les scientifiques lient son intensification à la hausse des températures mondiales, jusqu’à présent, les données détaillées dont nous disposions ne couvraient que les quatre dernières décennies. Pour quantifier précisément l’influence du changement climatique sur ce cycle, Julia Cole, de l’université du Michigan, et ses collègues se sont tournés vers les récifs coralliens des Galápagos, situés dans la partie du Pacifique où se développe El Niño.

La datation à l’uranium et au thorium a permis de déterminer l’âge des coraux, et l’analyse de la composition chimique de leurs squelettes permet de retracer l’évolution des températures de la mer au cours de leur vie. « Ces structures conservent une trace de l’environnement dans lequel elles se sont développées, et certaines composantes sont particulièrement sensibles aux variations de températures », explique Cole.

Au total, la chronologie établie couvrait les 1 000 dernières années. Il s’est notamment avéré que depuis les années 1980, la variabilité du cycle ENSO (El Niño-Oscillation australe, qui désigne l’alternance entre El Niño et son pendant froid, La Niña) avait augmenté de 36,5 % par rapport à l’ère préindustrielle. Un signe clair de l’influence du changement climatique sur celui-ci.

— Snorre Roberg / Shutterstock.com

Tristes records

Comme le rappellent les auteurs de la nouvelle étude, publiée dans la revue Science, au cours de la dernière décennie, plusieurs phénomènes El Niño ont établi de nouveaux records. Selon les dernières projections, l’actuel, qui devrait se renforcer d’ici la fin de l’année, pourrait bien être le plus puissant jamais observé, en raison de températures de surface dans le centre-est du Pacifique supérieures de 4 °C à la normale.

« Si le phénomène El Niño actuel s’avère aussi intense que prévu, la dernière décennie aura connu trois épisodes majeurs, soit une succession sans précédent depuis le début des relevés modernes, à la fin du XIXe siècle », explique Michael McPhaden, de l’Administration nationale océanique et atmosphérique des États-Unis.

« Cela vient s’ajouter aux preuves de plus en plus nombreuses indiquant que le changement climatique amplifie le cycle ENSO, ce qui est préoccupant compte tenu des répercussions mondiales considérables qu’il a sur les systèmes naturels et les populations qui en dépendent », conclut-il.

Plus tôt cette année, la sécheresse liée à El Niño avait révélé une défense chimique inattendue des arbres amazoniens.

Par Yann Contegat, le

Source: New Scientist

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