
Les fouilles d’important site préhistorique du sud-ouest de la France ont livré les restes de plusieurs individus néandertaliens, présentant des marques associées au cannibalisme.
Des marques révélatrices
Depuis la seconde moitié du XXe siècle, ce sont quelque 20 000 ossements de rennes qui ont été exhumés des sols de la grotte des Pradelles, dans le département de la Charente. Si ceux-ci illustrent le goût prononcé de nos cousins disparus pour la viande de ces cervidés, les restes de Néandertaliens de différents âges ont également été découverts.
Précédemment, un examen approfondi de 108 os humains, attribués à au moins trois individus adultes, un adolescent, un pré-adolescent et trois enfants, avait révélé sur bon nombre d’entre eux des marques de coupe correspondant étroitement à celles laissées par les outils en pierre typiques de Néandertal.
Dans le cadre de travaux récemment publiés dans le Journal of Quaternary Science, l’analyse de cinq fragments d’os néandertaliens a révélé que ceux-ci avaient été brisés alors qu’ils étaient encore « frais », appuyant l’idée de comportements anthropophages, peut-être dans un cadre rituel.
Selon l’équipe, une telle hypothèse est renforcée par les concentrations anormalement élevées d’éléments crâniens (crânes, mandibules et dents représentent en effet plus de la moitié des restes humains mis au jour aux Pradelles), par rapport aux autres sections de squelette, comprenant fémurs et os de doigts.

Cannibalisme sporadique
Les ossements concernés provenaient de trois couches sédimentaires distinctes. Couvrant une période s’étalant de 60 000 à 50 000 ans, elles témoignent ainsi de plusieurs épisodes de cannibalisme néandertalien.
Compte tenu du faible nombre d’ossements néandertaliens trouvés dans les sols de la grotte, par rapport à ceux de cervidés, l’équipe estime qu’il s’agissait d’une pratique très sporadique.
Globalement, ces nouvelles données corroborent l’interprétation du site des Pradelles comme un campement de chasse néandertalien saisonnier, essentiellement centré sur le dépeçage et la transformation de carcasses d’ongulés.
Plus tôt cette année, de nouvelles preuves de cannibalisme préhistorique, attribuées à Homo antecessor, avaient été découvertes dans une grotte espagnole.
Par Yann Contegat, le
Source: IFL Science
Étiquettes: cannibalisme, ossement, Néandertalien
Catégories: Histoire, Actualités