Aller au contenu principal

La climatisation ne nous sauvera pas du changement climatique, avertissent les scientifiques

On l’estime aujourd’hui à l’origine de près de 7 % des émissions de gaz à effet de serre à l’échelle mondiale

Dans un monde en réchauffement rapide, où les vagues de chaleur se font plus fréquentes et intenses, la climatisation sauve des vies. Mais comme le rappelle une nouvelle étude, son énorme consommation énergétique n’en fait pas une solution durable.

Une technologie énergivore en plein boom

On estime que la climatisation permettrait de réduire jusqu’à 75 % le risque de décès liés à la chaleur, et la demande augmente rapidement. Actuellement, ce sont environ 10 nouveaux climatiseurs qui sont vendus chaque seconde, ce qui se traduira d’ici 2050 par environ 5,6 milliards de systèmes domestiques en fonctionnement à l’échelle mondiale.

Aussi efficaces soient-ils pour abaisser la température des bâtiments où ils sont installés, ces appareils consomment une quantité énorme d’électricité et utilisent également des fluides frigorigènes, tels que les hydrofluorocarbures, qui contribuent au changement climatique. Aujourd’hui, on estime que les systèmes de climatisation et de refroidissement mécanique sont à l’origine de près de 7 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, et ce coût écologique va exploser au cours des prochaines décennies.

« La climatisation sauve des vies et restera indispensable en cas de canicule », souligne Mat Santamouris, chercheur à l’université de Nouvelle-Galles du Sud et auteur principal de la nouvelle étude, publiée dans la revue Nature Reviews Clean Technology.

« Mais nous ne pouvons pas uniquement compter sur elle pour faire face au changement climatique », poursuit-il. « Si chaque bâtiment dépendait entièrement du refroidissement mécanique, nous exercerions une pression énorme sur les réseaux électriques tout en augmentant encore davantage la chaleur dans nos villes. »

— Tom Wang / Shutterstock.com

Quelles alternatives à la climatisation ?

Parmi les technologies passives capables de refroidir efficacement les bâtiments à un coût énergétique faible, voire nul, le chercheur et ses collègues citent les revêtements radiatifs, ainsi que les matériaux réfléchissants de nouvelle génération. Évoquant un coût initial plus élevé, ils rappellent qu’à moyen terme, ils deviendraient plus avantageux que les systèmes de climatisation, sans entraîner un réchauffement climatique supplémentaire.

« La meilleure stratégie de refroidissement consiste avant tout à empêcher la chaleur indésirable de pénétrer dans les bâtiments », détaille Santamouris. « L’ombrage, les matériaux réfléchissants ainsi qu’une ventilation plus efficace permettraient de réduire considérablement les températures intérieures avant même qu’un climatiseur ne doive être mis en marche. »

« Les bâtiments que nous construisons aujourd’hui seront toujours debout en 2050 et au-delà. Ils doivent être pensés pour pouvoir affronter le climat de demain, et non celui d’hier », conclut-il.

Si vous n’avez toujours pas craqué pour un climatiseur, il existe des moyens simples pour rafraîchir votre maison.

Partager cet article

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *