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Une étude bouleverse notre vision de Neptune et de sa mystérieuse lune Néréide

Ce satellite naturel de 350 km de diamètre se distingue par son orbite excentrique

neptune
— ManuMata / Shutterstock.com

Grâce aux données de l’incontournable télescope spatial James-Webb, des astronomes ont récemment éclairé les origines de Néréide, lointaine lune de la géante glacée Neptune.

Passé chaotique

Affichant un diamètre d’environ 49 000 kilomètres, Neptune est la planète la plus éloignée du Système solaire. Si l’on supposait jusqu’à présent que Triton, plus grande de ses 16 lunes connues, avait pénétré son giron il y a des milliards d’années, plaçant ses satellites naturels originels sur des orbites destructrices, de nouvelles recherches révèlent un scénario différent pour la mystérieuse Néréide.

Cette compagne lointaine et chaotique, mesurant environ 350 kilomètres de diamètre, se distingue par son orbite exceptionnellement excentrique. Il lui faut près d’une année terrestre pour réaliser le tour complet de Neptune. Au cours de celui-ci, sa distance à la planète varie par ailleurs entre 1,4 et 9,6 millions de kilomètres.

Découverte au milieu du XXe siècle, Néréide a été baptisée par l’astronome Gerard Kuiper en référence aux nymphes marines de la mythologie grecque, filles du dieu Nérée. Depuis, elle n’a été survolée qu’une seule fois, par la sonde Voyager 2 en 1989. « Nos connaissances la concernant sont donc très limitées », souligne Matthew Belyakov, auteur principal de la nouvelle étude, publiée dans la revue Science Advances.

Les dernières observations de James-Webb révèlent une composition bien différente de celle des corps glacés de la ceinture de Kuiper, remettant en question l’idée que, comme Triton, celle-ci ait migré depuis les confins du Système solaire. « De telles découvertes excluent la possibilité que Néréide ait été capturée par l’attraction gravitationnelle de Neptune, impliquant qu’elle fasse partie de son système depuis le départ », note Belyakov.

Une migration consécutive à la capture de Triton

Pour l’astronome Scott Sheppard, de la Carnegie Institution de Washington, les nouvelles données appuient le scénario d’une formation près de la géante glacée, puis d’une migration vers l’extérieur du système neptunien, consécutive à la « capture » de Triton.

« Les lunes les plus proches de Neptune que nous observons aujourd’hui se sont probablement formées à partir des débris de celles d’origine » estime de son côté Belyakov, qui pense que Néréide pourrait être l’une des rares survivantes de ce chaos orbital dû à l’influence gravitationnelle de Triton, qui aurait entraîné l’éjection dans le cosmos, la désintégration ou de violentes collisions de ses « sœurs ».

Au sein du Système solaire, Neptune fait figure de petite joueuse en termes de nombre de satellites naturels. Elle est en effet largement devancée par Uranus (27 lunes), Jupiter (95) et surtout Saturne (146).

Par Yann Contegat, le

Source: The Independent

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