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Une nouvelle frontière tectonique semble émerger en Afrique australe

Et avec elle, une ressource précieuse

afrique
— titoOnz / Shutterstock.com

L’analyse de gaz s’échappant de sources minérales bouillonnantes en Zambie a révélé une signature chimique intrigante. Caractéristique d’une rupture de plaques tectoniques, elle suggère la formation d’une nouvelle frontière continentale.

Le rift de Kafue

S’étendant de la mer Rouge au Mozambique, la vallée du Grand Rift constitue aujourd’hui l’exemple le plus clair de division tectonique en Afrique. Sur la base d’anomalies gravitationnelles, de températures et d’une sismicité de faible intensité, les chercheurs supposaient que le rift de Kafue, en Zambie, connaissait les premiers stades d’un tel processus, mais, jusqu’à présent, ne disposaient pas de preuves géochimiques l’étayant.

Dans le cadre de travaux publiés dans la revue Frontiers in Earth Science, Rūta Karolytė et ses collègues de l’université d’Oxford ont examiné des échantillons de gaz provenant de cinq sources chaudes et trois puits géothermiques du centre de la Zambie. Les rapports isotopiques de l’hélium et du carbone correspondaient étroitement à ceux observés dans les profondeurs de la croûte terrestre.

L’hypothèse privilégiée est que des fluides provenant du manteau, situés jusqu’à 190 kilomètres sous les sources, remontent vers la surface via une faille tectonique de cette zone de rift de 2 500 kilomètres de long, s’étendant de la Tanzanie à la Namibie.

« Nos données indiquent un système actuellement ‘éveillé’ ou géologiquement actif », explique Karolytė. « Le fait qu’un rift actif se développe ne signifie pas nécessairement que dans 100 millions d’années, il y aura un océan à cet endroit. Mais c’est une possibilité raisonnable. »

Précieux hélium

Selon l’équipe, les fluides atteignant la surface présentent des concentrations d’hélium allant jusqu’à 2,3 %. Un taux remarquablement élevé, qui attire déjà l’attention des industries dont les technologies s’appuient sur les propriétés uniques de ce gaz, notoirement difficile à obtenir.

Indispensable au fonctionnement des appareils d’IRM, au refroidissement des aimants supraconducteurs, à la fabrication de semi-conducteurs et aux technologies spatiales, l’hélium est également utilisé dans la recherche scientifique.

Précédemment, des chercheurs avaient documenté un autre phénomène géologique fascinant sous le Moyen-Orient.

Par Yann Contegat, le

Source: New Scientist

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