
Les séquençages génétiques de dizaines de squelettes ont révélé des schémas de parenté inhabituels ainsi que l’existence d’une probable « caste sacrificielle » chez les populations du sud-est de la péninsule coréenne il y a 1 500 ans.
Des comparaisons ADN révélatrices
Publiés dans la revue Science Advances, ces travaux se sont penchés sur les ossements de 78 individus exhumés du complexe funéraire d’Imdang-Joyeong, utilisé entre le IVe et le VIe siècle de notre ère et lié au royaume de Silla. Les textes historiques indiquent qu’à cette époque on y pratiquait le « sunjang », forme de sacrifice humain impliquant des serviteurs, ou « vassaux », qui étaient ensuite inhumés avec les membres de l’élite locale.
Des comparaisons ADN étroites ont révélé 11 paires apparentées au premier degré (parent/enfants ou frères et sœurs), et 23 au second (grands-parents, petits-enfants, tantes ou nièces). Il s’est également avéré que les géniteurs de cinq individus, aux origines aussi bien nobles que modestes, étaient étroitement apparentés (dont un cas de cousins germains), renforçant l’idée que les unions « consanguines » étaient fréquentes.
Grâce à ces données, les chercheurs ont pu reconstituer 13 arbres généalogiques, révélant un vaste réseau de parenté s’étendant sur deux sites funéraires et plus d’un siècle, centré sur les lignées maternelles.
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— Evelyne Ferron (@EvelyneFerron) April 10, 2026
Des études génomiques réalisées en Corée du Sud démontrent l'existence de sacrifices humains tel que mentionnés dans des textes historiques du royaume de Silla, il y a environ 1500 anshttps://t.co/0mnpOP4517
Alors que les élites disposaient généralement de sépultures individuelles, leurs « serviteurs » étaient regroupés dans les mêmes tombes. L’équipe évoque au moins trois cas où parents et enfants avaient été sacrifiés en même temps, appuyant les sources historiques indiquant que le sunjang pouvait concerner des ménages entiers.
Caste sacrificielle
Dans l’ensemble, ces découvertes révèlent des schémas de filiation à dominante matrilinéaire plutôt que patrilinéaire à l’époque des Trois Royaumes (57 avant notre ère à 668 de notre ère), distinguant Silla du reste de la Corée et de l’Europe antique, et suggèrent également l’existence d’une caste sacrificielle.
« Son existence au sein d’une entité politique régionale, éloignée du cœur du royaume, a des implications profondes pour notre compréhension de cette société », estime Jack Davey, du Centre d’études sur la Corée ancienne à Cambridge.
Selon lui, la pratique du sunjang à l’échelle de familles entières et sur plusieurs générations soulève des questions concernant la violence institutionnalisée, l’esclavage et la hiérarchie sociale.
Plus tôt cette année, l’ADN des chasseurs-cueilleurs d’un cimetière scandinave avait révélé des liens familiaux inattendus.
Par Yann Contegat, le
Source: Live Science
Étiquettes: adn, squelette, sacrifice humain
Catégories: Actualités, Histoire