
Les habitants de Pompéi accomplissaient régulièrement des rituels religieux impliquant la combustion d’encens, afin que les dieux protègent leurs proches, leurs biens et leurs foyers. De nouvelles analyses ont permis de préciser la composition et l’origine de ces « offrandes ».
Origines exotiques
Bien que de nombreux auteurs romains évoquent l’utilisation de substances aromatiques à de telles fins, et que des brûleurs d’encens aient été découverts sur de nombreux sites archéologiques antiques, jusqu’à présent, les ingrédients exacts restaient mal connus. Grâce à la microscopie et à la spectroscopie, des chercheurs ont analysé les dépôts carbonisés de deux encensoirs pompéiens, révélant un mélange complexe de composés végétaux.
Parmi les essences de bois identifiées figuraient le chêne, le laurier et le mûrier. Dans ses écrits, Pline l’Ancien liait le premier à Jupiter, pendant romain de Zeus, et le second à Apollon, associé notamment à la guérison.
De façon inattendue, l’analyse des résidus de résine a révélé que l’encens brûlé ne provenait pas d’Arabie. Il s’agissait en fait d’élémi, obtenu à partir d’un autre type d’arbre de la famille des Burseraceae présent en Inde et dans les forêts tropicales africaines. Une découverte aussi « exotique » indique que Pompéi faisait partie intégrante des réseaux commerciaux s’étendant jusqu’en Asie et en Afrique subsaharienne.
The Roman ritual of praefatio—a blessing with the burning of incense—has long been known from history, but only now, at Pompeii, has archaeological evidence appeared. Residues and phytoliths recovered from ash contained traces of wine and frankincense.https://t.co/CeB8Zdcxhw pic.twitter.com/RtkJK5WUy1
— Archaeology Magazine (@archaeologymag) April 1, 2026
« Son profil aromatique était sensiblement différent de celui de l’encens », note Johannes Eber, chercheur à l’université de Zurich et co-auteur de la nouvelle étude, publiée dans la revue Antiquity. « Les Égyptiens utilisaient notamment cette résine lors de la momification, mais c’est la première fois que nous la trouvons dans un contexte romain. »
Praefatio
La mise en évidence d’un composé à base de raisin évoque un type de rituel romain répandu, connu sous le nom de praefatio. Représenté dans de nombreuses œuvres d’art antiques, il consistait à brûler du vin et de l’encens dans les contextes funéraires typiques du début de l’Empire.
Selon Eber, ces offrandes « purificatrices » auraient été pratiqués dans les foyers de Pompéi « tous les mois, voire tous les jours », dans l’espoir de s’attirer protection divine et prospérité.
« On peut imaginer les volutes d’encens s’élevant tandis que le vin sur l’autel s’évapore, créant ainsi un lien métaphorique avec le royaume des dieux », conclut le chercheur.
Précédemment, des chercheurs avaient révélé un secret « divin » des statues grecques et romaines.
Par Yann Contegat, le
Source: IFL Science
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