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Mohenjo-daro : les origines de l’une des plus grandes villes de l’âge du bronze repoussées

Elle serait légèrement antérieure aux premières pyramides de Gizeh

Mohenjo-daro
— Sergey-73 / Shutterstock.com

De nouvelles datations indiquent que la tentaculaire Mohenjo-daro, dans le sud-ouest de l’actuel Pakistan, existait déjà entre 2700 et 2600 avant notre ère, soit plusieurs siècles plus tôt qu’on ne le pensait.

De nouvelles datations qui éclairent la chronologie de la ville

Les vestiges de l’ancienne cité, signifiant la « colline des morts » en langue sindhi, se trouvent le long des rives de l’Indus, dont les plaines inondables fertiles ont vu émerger certaines des plus grandes sociétés de l’âge du bronze. On estime qu’à son apogée, Mohenjo-daro s’étendait sur 240 hectares et abritait au moins 40 000 âmes.

Au fil des décennies, les fouilles de ce vaste site urbain structuré autour d’une citadelle ont conduit à la découverte de nombreuses constructions en briques cuites, ainsi qu’une infrastructure hydraulique avancée. Composée de bains, puits et égouts, celle-ci rivalise aisément avec ce qui se faisait de mieux dans l’Antiquité. Outre son organisation sophistiquée, la ville se distingue également par la richesse de son artisanat, comprenant bijoux, sceaux gravés, poteries décorées et figurines sculptées.

Si les chercheurs situaient jusqu’à présent sa construction vers 2500 avant notre ère, la datation d’échantillons de l’enceinte de la citadelle, ou ville haute, repousse ses origines de plusieurs siècles, suggérant qu’elle soit légèrement antérieure au début de la construction des grandes pyramides de Gizeh. « Ils indiquent que cette structure initiale a été construite à la fin de la phase harappéenne précoce ou Kot Diji, vers 2700-2600 avant notre ère », détaille le communiqué.

Les dernières excavations ont également permis d’éclairer l’évolution de ces remparts, agrandis et entretenus jusqu’aux environs de 2200 avant notre ère. Les prochaines étapes consisteront à préciser leur tracé autour du monticule du Stupa, et à localiser les différentes portes.

Grand bain de Mohenjo-daro

Une chute entourée de mystère

Aujourd’hui encore, les causes de la chute de Mohenjo-daro, largement abandonnée entre 1800 et 1700 avant notre ère, restent floues. Bien que certains chercheurs aient évoqué une possible catastrophe majeure (inondation, incendie) ou le sac de la ville, il n’existe à ce jour aucune preuve archéologique tangible d’un tel scénario.

Il s’avère que la cité est loin d’être la seule à avoir connu une telle trajectoire. Autour du XVIIIe siècle avant notre ère, certains des établissements les plus prospères de la vallée de l’Indus ont également décliné rapidement.

Fin 2025, une étude avait appuyé l’hypothèse de vagues successives de sécheresse, ayant perturbé l’irrigation des cultures et finalement contraint les anciens habitants de la région à migrer vers les contreforts de l’Himalaya et la plaine du Gange.

Par Yann Contegat, le

Source: IFL Science

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