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Jusqu’à 4 °C en plus et 11 jours de pluie en moins : la déforestation change le climat plus vite qu’on ne l’imaginait

La déforestation ne se contente plus d’effacer des paysages : elle modifie la météo locale presque en temps réel. En effet, températures en hausse, pluies plus rares et saisons sèches prolongées s’installent progressivement. Ainsi, les chiffres récents révèlent une transformation climatique bien plus rapide qu’imaginé, avec des conséquences durables sur les écosystèmes.

Zone forestière défrichée montrant un sol asséché et craquelé, illustrant l’impact de la déforestation sur le climat et la sécheresse.
La déforestation transforme rapidement les paysages et accentue la sécheresse en augmentant les températures et en réduisant les pluies – DailyGeekShow.com / Image Illustration

Quand la disparition des arbres modifie immédiatement température, humidité et formation des nuages

D’abord, un territoire privé d’arbres change de comportement thermique. Lorsque le couvert forestier passe sous 60 %, la surface du sol absorbe davantage de rayonnement solaire. Par conséquent, la température grimpe jusqu’à 3 °C supplémentaires pendant la saison sèche. Dès lors, cet écart bouleverse l’équilibre énergétique local.

Ensuite, les arbres jouent un rôle discret mais essentiel. Grâce à l’évapotranspiration, ils libèrent continuellement de l’humidité dans l’air. Or, sans cette respiration végétale, l’atmosphère s’assèche progressivement. De fait, les relevés montrent une baisse moyenne de 12 % de cette humidité transférée vers le ciel, ce qui réduit mécaniquement la formation des nuages.

Moins de pluie, moins de jours pluvieux : la mécanique invisible qui dérègle tout un cycle hydrologique

Logiquement, quand l’humidité diminue, les précipitations suivent la même trajectoire. Dans les zones les plus touchées, les pluies chutent d’environ 25 %. Mais surtout, l’élément le plus frappant reste la baisse du nombre de jours de pluie : jusqu’à 11 journées pluvieuses en moins chaque année.

En réalité, cette diminution ne signifie pas seulement moins d’eau au total. Elle traduit également un affaiblissement du mécanisme même de formation des pluies. Ainsi, les masses d’air deviennent moins chargées en vapeur d’eau, tandis que les nuages se forment plus difficilement. Par ailleurs, les épisodes pluvieux se concentrent et deviennent parfois plus irréguliers.

Enfin, lorsque le seuil critique de 40 % de forêt est franchi, la température peut grimper jusqu’à 4 °C au-dessus des zones intactes. À ce stade, il ne s’agit plus d’une variation ponctuelle, mais bien d’une transformation durable du microclimat régional.

De la forêt tropicale à la savane : comment un nouveau climat s’installe durablement

Progressivement, un climat plus chaud et plus sec fragilise les arbres restants. En conséquence, les sols retiennent moins l’eau et les racines peinent à s’alimenter. Peu à peu, la végétation s’éclaircit encore davantage. Ce cercle vicieux accélère alors la transition vers un paysage plus ouvert, proche de la savane.

De surcroît, cette évolution n’est pas qu’esthétique. Elle modifie la biodiversité, favorise certaines espèces adaptées à la sécheresse et, inversement, en exclut d’autres. Par conséquent, le changement climatique local devient structurel, même si les coupes cessent, car l’écosystème a déjà basculé vers un nouvel équilibre.

D’ailleurs, les images satellites sur plusieurs décennies confirment cette mutation progressive. Des millions d’hectares de forêt tropicale ont laissé place à des pâturages, des cultures ou des zones minières. Ainsi, chaque hectare perdu réduit la capacité du territoire à réguler naturellement température et humidité.

Comprendre l’urgence climatique locale pour agir avant le point de non-retour

Dès lors, ces données rappellent que la lutte contre le réchauffement climatique ne se limite pas aux émissions industrielles. En effet, protéger la forêt revient aussi à préserver un système naturel de climatisation et de production de pluie. Autrement dit, la couverture végétale agit comme un régulateur atmosphérique irremplaçable.

En conclusion, ralentir la déforestation permettrait d’éviter le franchissement de seuils irréversibles. Car, au-delà d’un certain niveau de perte forestière, le climat régional pourrait ne plus revenir à son état initial. Finalement, maintenir les forêts intactes, c’est préserver l’équilibre fragile entre chaleur, humidité et pluie.

Par Gabrielle Andriamanjatoson, le

Source: Futura

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