
De récentes expériences simulant la fécondation dans un environnement en microgravité ont montré que les spermatozoïdes peinaient à trouver leur chemin, avec des taux de réussite plus faibles et un risque accru d’anomalies de développement.
Microgravité
Pour parvenir à cette conclusion, Nicole McPherson, de l’université d’Adélaïde, et ses collègues ont utilisé des échantillons de sperme provenant de trois espèces de mammifères, dont l’Homme. Ceux-ci ont été placés dans un « labyrinthe » imitant l’appareil reproducteur féminin, lui-même installé dans une machine simulant la microgravité.
Selon les auteurs de la nouvelle étude, publiée dans la revue Communications Biology, il s’agit de l’une des premières études à montrer directement l’influence de la gravité sur la capacité des spermatozoïdes à se diriger.
« Nous avons observé une réduction significative du nombre capable de trouver leur chemin chez toutes les espèces, ainsi que des temps de parcours nettement allongés, dans certains cas multipliés par deux », explique McPherson. « Il s’est avéré que cette perte de repères n’était pas due à un changement de motilité, mais à des mécanismes d’orientation perturbés. »
Si l’ajout de progestérone, hormone notamment libérée par l’ovule, a permis de guider en partie les spermatozoïdes vers le site de fécondation, l’équipe a constaté une diminution d’environ 30 % du nombre d’ovules de souris fécondés après quatre à six heures d’exposition à la microgravité. Au-delà, les chercheurs évoquent des retards de développement ainsi qu’une réduction de 10 à 20 % du nombre de cellules destinées à former le fœtus.

Une entreprise complexe
Globalement, de tels résultats illustrent la complexité de la reproduction dans l’espace, ainsi que la nécessité d’explorer davantage l’impact de la microgravité sur les stades précoces du développement embryonnaire et fœtal.
Selon McPherson, ces travaux ont également des implications potentielles pour la colonisation d’autres corps du Système solaire, tels que Mars, où la gravité ne représente qu’environ 38 % de celle de la Terre. « Dans notre expérience la plus récente, des embryons sains ont tout de même pu se former dans ces conditions, ce qui est tout de même encourageant », a-t-elle précisé.
Si des recherches avaient précédemment exploré l’influence de l’environnement spatial sur les spermatozoïdes, cette étude est parmi les premières à examiner leur capacité à se frayer un chemin à travers les voies génitales.
Par Yann Contegat, le
Source: The Independent
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