
Des fossiles découverts en Égypte ont été attribués à une espèce primitive de grand singe nouvelle pour la science. Évoluant dans la région il y a environ 17 millions d’années, elle suggère une origine géographique inattendue pour ces primates.
Nouvel éclairage
Lors de campagnes de fouilles à Wadi Moghra, dans le nord de l’Égypte, Shorouq Al-Ashqar, de l’université de Mansoura, et ses collègues avaient mis au jour des dents et des fragments de mâchoire datés de 17 à 18 millions d’années. Leur récente analyse a permis d’attribuer une section antérieure de mandibule et deux molaires à un premier individu, et un fragment mandibulaire distinct à un second.
Baptisé Masripithecus moghraensis, ce dernier apparaît comme l’un des plus proches parents connus du dernier ancêtre commun des grands singes actuels (humains, gorilles, chimpanzés, gibbons et siamangs), lesquels se distinguent des autres primates par l’absence de queue.
Alors que l’on pensait que les premiers grands singes étaient apparus en Afrique et que certaines espèces étaient déjà présentes en Asie et en Europe il y a 16 millions d’années, la découverte de ces fossiles dans le nord plutôt que l’est du continent africain, bouleverse notre vision de leur répartition géographique et de leur évolution.
🚨 Jaw-dropping fossil find in Egypt rewrites ape history! 🦍
— ___ / 𓆑𓂋𓄿𓂋𓇋𓁐 \ ___ = Valerie (@Val_NuestraCosa) March 27, 2026
Paleontologists just announced a brand-new ape species — Masripithecus moghraensis — known from jawbone fragments and teeth unearthed in northern Egypt’s Wadi Moghra site. These fossils date to 17–18 million years ago… pic.twitter.com/EHmVsDsHp9
Selon les auteurs de la nouvelle étude, publiée dans la revue Science, les deux individus présentaient une structure mandibulaire et dentaire typique des singes plus tardifs, indiquant qu’ils s’inscrivent dans la lignée des hominoïdes (le groupe comprenant les grands singes et les humains). « La forme des molaires, basses, arrondies et striées, ainsi que la taille similaire des deuxième et troisième sont très révélatrices », détaille Al-Ashqar.
Un régime alimentaire varié
De la taille d’une petite femelle chimpanzé moderne, M. moghraensis pesait environ 25 kilos. Il se serait essentiellement nourri de fruits, mais pouvait également consommer des noix et des graines, concassées à l’aide de ses mâchoires robustes et de ses molaires complexes.
En l’absence de restes de membres, il est impossible de dire si celui-ci évoluait principalement dans les arbres ou sur la terre ferme.
« Depuis des décennies, les paléontologues se retrouvaient, dans une certaine mesure, à découvrir sans cesse les mêmes types d’espèces du Miocène inférieur en Afrique de l’Est », souligne Erik Seiffert, de l’université de Californie du Sud. « Nous savons désormais que la situation était différente en Afrique du Nord. »
Précédemment, des chercheurs avaient découvert en Bulgarie le possible fossile de notre plus lointain ancêtre, vieux de 7,2 millions d’années.
Par Yann Contegat, le
Source: New Scientist
Étiquettes: évolution, fossile, singe
Catégories: Actualités, Histoire