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Un squelette colombien vieux de 5 500 ans éclaire les origines de la redoutable syphilis

Jusqu'à l'invention de la pénicilline dans les années 1940, elle était incurable

Squelette
Image d’illustration — Michael Dechev / Shutterstock.com

Le séquençage génétique d’ossements plurimillénaires découverts en Colombie a révélé la présence d’une bactérie étroitement apparentée à celle responsable de la syphilis, ayant fait des ravages pendant des siècles.

Infection tréponémique ancienne

Différentes sous-espèces de Treponema pallidum sont à l’origine de la syphilis, le pian et le béjel (maladies aux effets similaires mais n’étant généralement pas transmises par voie sexuelle). Malgré des décennies de recherche, les scientifiques peinent encore à retracer précisément l’origine et l’évolution de ces infections dites « tréponémiques ».

En examinant l’os de la jambe d’un squelette vieux de 5 500 ans, mis au jour dans la région de Bogotá, Nasreen Broomandkhoshbacht, de l’université de Californie, et ses collègues ont identifié des fragments de génome de T. pallidum. Une découverte plutôt inattendue, étant donné que l’individu ne présentait aucune des lésions osseuses lui étant habituellement associées.

S’il est aujourd’hui largement admis que de nombreuses maladies infectieuses ont commencé à se répandre massivement avec l’avénement de l’agriculture, caractérisé par le développement d’établissements humains plus denses, l’individu examiné faisait partie d’une petite communauté de chasseurs-cueilleurs, en contact étroit avec la faune sauvage.

Par ailleurs, des comparaisons étroites de cet ADN bactérien ancien à ceux d’autres souches de T. pallidum ont permis de le relier à une lignée distincte des formes connues. Ce qui indique qu’il y a des millénaires, les ancêtres de la syphilis, qui présentaient déjà une bonne partie des caractéristiques génétiques rendant les souches actuelles nocives, s’étaient déjà diversifiés en Amérique.

L’insaisissable T. carateum ?

Pour Rodrigo Barquera, de l’Institut Max Planck d’anthropologie évolutionnaire de Leipzig, l’absence d’atteintes squelettiques suggère que l’agent pathogène identifié pourrait bien être l’insaisissable Treponema carateum, une souche disparue connue pour provoquer une maladie cutanée connue sous le nom de « pinta ».

Comme le rappellent les auteurs de la nouvelle étude, publiée dans la revue Science, retracer l’évolution de bactéries connues pour provoquer des maladies mortelles, comme la syphilis et le pian, s’avère essentiel pour notre compréhension des adaptations génétiques ainsi que les mécanismes leur permettant d’infecter de nouveaux hôtes.

Il y a quelques années, la reconstitution faciale d’une Islandaise morte il y a 500 ans avait révélé les ravages de la syphilis.

Par Yann Contegat, le

Source: New Scientist

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