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20 espèces marines inconnues piégées dans un « hôtel » sous-marin : les images sont aussi belles qu’inquiétantes

Un hôtel sous-marin, discret et silencieux, repose à plus de 100 mètres de profondeur au large de Guam. Installé dans la zone crépusculaire, il agit comme un piège biologique, révélant 20 espèces inconnues. Ce résultat, fruit de trois années d’observation continue, met en lumière l’immense richesse cachée des abysses du Pacifique.

Poisson coloré nageant au-dessus d’un récif corallien profond dans les eaux sombres du Pacifique
Un poisson récifal évolue dans un récif corallien profond, au cœur de la zone mésophotique, où la lumière diminue et révèle une biodiversité encore largement inexplorée – DailyGeekShow.com / Image Illustration

Un récif artificiel discret qui attire la vie : comment un piège scientifique a capturé 2 000 spécimens

En 2018, les chercheurs de l’Académie des sciences de Californie immergent treize structures appelées ARMS dans les profondeurs de Guam. Ces boîtes à étages, faites de plaques de PVC, imitent les récifs coralliens et attirent ainsi une faune abondante en quête d’abri.

Quatre ans plus tard, les scientifiques récupèrent les ARMS et dressent un bilan étonnant. En effet, ils collectent 2 000 spécimens, dont une centaine d’espèces inédites à Guam et vingt nouvelles pour la science. Des poissons acidulés, des crabes filiformes, des nudibranches extravagants composent cette biodiversité étrange.

Les ARMS sont des empilements de plaques de PVC d’un pied de côté qui fonctionnent comme de petits récifs artificiels sur lesquels les organismes peuvent se fixer et se développer au fil du temps. Les structures sont représentées ici lors de leur installation sur le récif en 2018 – Luiz Rocha © California Academy of Sciences

Pourquoi les zones mésophotiques restent les moins explorées de l’océan malgré leur richesse

Plonger régulièrement dans la zone mésophotique, entre 30 et 150 mètres, reste difficile. La lumière diminue fortement, les plongées durent peu, et les phases de décompression sont longues. Par conséquent, chaque expédition exige une logistique rigoureuse.

Pour surmonter ces contraintes, les chercheurs misent sur les ARMS, qui restent immergés longtemps. Ces dispositifs offrent un accès inédit à la vie dans ces milieux extrêmes, sans perturbation directe. De plus, leur présence prolongée permet de documenter des phénomènes biologiques méconnus.

Portraits d’espèces étonnantes : entre bonbons gélifiés, crabes spaghetti et poissons à mains

Les découvertes surprennent par leur apparence. Par exemple, un poisson translucide, rose et jaune, évoque un bonbon. Un autre présente des nageoires en forme de mains. En parallèle, des crabes noueux et des nudibranches aux couleurs psychédéliques complètent ce bestiaire.

En réalité, les analyses ADN en cours pourraient révéler de nouvelles branches évolutives. Ainsi, cette biodiversité méconnue rappelle que les abysses restent un monde largement inexploré. Leur exploration pourrait même révéler des molécules inédites aux applications biomédicales ou technologiques insoupçonnées.

Spécimen issu des plaques ARMS © California Academy of Sciences

Le signal invisible d’un réchauffement profond : ce que les capteurs ont enregistré en trois ans

Pendant trois ans, les ARMS enregistrent les températures dans la zone crépusculaire. Grâce à ces capteurs discrets, les chercheurs collectent des données rares, révélant un réchauffement profond. Même là où la lumière ne passe plus, la chaleur progresse.

Ce réchauffement menace des écosystèmes fragiles. Notamment, les récifs coralliens profonds, essentiels à la biodiversité, reçoivent peu de protection. Leurs habitants – poissons, invertébrés, micro-organismes – restent peu étudiés. Certains pourraient disparaître avant leur découverte, emportant des rôles écologiques clés.

Face à cette alerte silencieuse, les scientifiques appellent à une meilleure surveillance des profondeurs et à une reconnaissance scientifique accrue. En somme, protéger les océans exige d’aller au-delà des côtes, là où la science commence à peine à explorer.

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