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300 millions d’années-lumière de large : la nouvelle carte de Vela-Banzi révèle un géant presque invisible à peine vu

Un mur d’étoiles cachait un géant. Vela-Banzi, superamas situé derrière le disque de la Voie lactée, pèse environ 30 millions de milliards de Soleils. La nouvelle carte transforme un trou dans nos relevés du ciel en pièce manquante de l’univers local.

La Voie lactée traverse un ciel nocturne profond, avec une structure lumineuse très subtile évoquant un superamas de galaxies.
La Voie lactée forme un ruban poussiéreux au milieu d’un champ d’étoiles dense. En arrière-plan, une lueur diffuse suggère l’échelle vertigineuse des grandes structures cosmiques. – DailyGeekShow.com / Image Illustration

20 % du ciel restent masqués : pourquoi la Voie lactée agit comme un store mal baissé

20 % du ciel échappent encore largement aux cartes de galaxies. Les astronomes appellent cette bande la zone d’évitement, car les relevés optiques y voient mal. La Voie lactée place ses étoiles, son gaz et sa poussière devant l’arrière-plan cosmique.

800 millions d’années-lumière séparent la Terre de Vela-Banzi. À cette distance, la lumière reçue aujourd’hui a quitté ces galaxies bien avant l’apparition des premiers humains. Le superamas devient donc une archive lointaine, mais assez proche pour influencer les grands mouvements locaux.

2016 marque sa première identification dans la constellation des Voiles. L’astronome Renee Kraan-Korteweg, spécialiste de cette zone aveugle à l’Université du Cap, soupçonnait déjà une masse majeure. La nouvelle carte donne enfin une mesure, pas seulement une silhouette derrière la poussière.

65 518 distances et 8 283 redshifts : la méthode qui transforme un brouillard en carte

65 518 distances de galaxies ont servi de base au nouveau relevé. Les chercheurs y ont ajouté 8 283 mesures de redshift, le décalage vers le rouge qui indique l’éloignement. Comme une sirène qui baisse de ton, la lumière s’étire quand une galaxie s’éloigne.

2 176 mesures viennent du radiotélescope MeerKAT, exploité en Afrique du Sud par le SARAO. L’instrument observe l’hydrogène neutre, un gaz détectable en ondes radio. Cette raie traverse mieux la poussière galactique que la lumière visible, donc des galaxies cachées deviennent mesurables.

10 mars 2026 correspond à la mise en ligne de l’étude sur arXiv, avant son évaluation finale par une revue. Le résultat reste donc un article de recherche en attente de validation complète. Mais les données croisent relevés optiques, radio et distances indépendantes.

300 millions d’années-lumière de large : Vela-Banzi dépasse notre propre superamas

300 millions d’années-lumière forment l’ordre de grandeur de Vela-Banzi. Mis bout à bout, trois mille disques de la Voie lactée n’atteindraient pas cette largeur. Le superamas contient au moins 20 amas de galaxies, chacun réunissant des centaines à des milliers de galaxies.

33,8 fois 10 puissance 16 masses solaires ressortent de la reconstruction publiée par l’équipe. En langage courant, cela revient à environ 30 millions de milliards de Soleils. Cette masse place Vela-Banzi devant Laniakea, le superamas qui contient la Voie lactée.

Deux noyaux concentrent l’essentiel de cette matière et se rapprochent l’un de l’autre. Les chercheurs parlent de vitesses particulières, c’est-à-dire des mouvements propres des galaxies en plus de l’expansion de l’Univers. Cette double structure pèse sur les trajectoires voisines.

Shapley reste devant : pourquoi cette carte compte plus qu’un classement cosmique

Shapley conserve le rang de concentration la plus massive dans l’univers proche. Vela-Banzi arrive juste derrière selon les estimations actuelles, mais le classement n’est pas l’enjeu principal. Une masse cachée modifie les calculs de vitesse, comme un aimant sous une table dévie une bille.

Les cosmologistes cherchent surtout à relier la matière observée aux déplacements des galaxies. Les flux cosmiques, ces grands courants de matière, gardent la trace des masses invisibles ou mal mesurées. Une carte plus complète réduit donc les écarts entre modèles et observations.

Certaines zones resteront probablement inaccessibles, car toutes les galaxies ne contiennent pas assez d’hydrogène neutre pour MeerKAT. Les futurs relevés radio combleront une partie du manque. La Voie lactée garde encore des poches d’ombre dans son propre contre-jour.

Par Eric Rafidiarimanana, le

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