12 176 personnes connectées

Cette intelligence a gagné un tournoi de poker : une nouvelle lourde de conséquences pour l’humanité

Dans le cadre actuel de nos connaissances, rien ne semble pouvoir dépasser l’intelligence humaine. Pourtant, le programme d’intelligence artificielle développé par l’Université Carnegie Mellon vient de battre un groupe de quatre champions de Poker … Quelles leçons l’humanité doit-elle tirer de cette victoire inattendue ?

Le programme Libratus a été déclaré grand gagnant du marathon de Poker Heads Up (1vs.1) No-Limit Texas Hold’em’. Si ce n’est pas la première fois qu’une intelligence artificielle parvient à défaire des joueurs reconnus pour exceller dans leur domaine, la victoire de Libratus est sans précédent. Garry Kasparov et Lee Sedol, respectivement champions d’échecs et champion de go ont déjà été mis en échec par des IA mais ces jeux n’impliquaient pas de savoir de raisonner à partir d’informations incomplètes, contrairement au Poker.

Libratus est capable de bluffer au Poker via Depositphotos

Au Poker la victoire dépasse le simple calcul de probabilité maîtrisé depuis longtemps par la machine. Le jeu fait appel au bluff et à la manipulation, il s’agit d’extrapoler les informations manquantes via l’influence que les joueurs, dans l’impossibilité de voir le jeu de leurs adversaires, exercent les uns sur les autres. Au cours du marathon, Libratus a appris à tromper ses adversaires en éradiquant progressivement les erreurs possibles de son système. Grâce à son incroyable puissance de calcul, l’IA est parvenue à comprendre comment jouaient et bluffaient les participants pour les imiter. Son jeu imprévisible et son algorithme basé sur l’équilibre de Nash ont contribué à le rendre imbattable. Chaque jour plus puissant, Libratus s’est auto-perfectionné jusqu’à devenir infaillible.

Le professeur Tuomas Sandholm à qui l’on doit en partie le programme Libratus, explique que cette situation de jeu est transposable à des situations bien réelles. Dans tous les secteurs économiques, politiques et militaires, les hommes conçoivent des stratégies à partir d’informations incomplètes et établissent des jeux d’influence. Les capacités de Libratus laissent aujourd’hui penser que la machine est désormais capable d’adopter ces réflexes humains grâce à des calculs mathématiques. Imaginez un peu que les entreprises, les gouvernements, les financiers exploitent à l’avenir l’intelligence de ces machines ?

Les conséquences d’une IA omnipotente pourraient être dévastatrices via Depositphotos

Depuis toujours les créatures ont eu vocation à dépasser leurs créateurs, l’humanité toute entière s’est construite sur le principe de l’évolution. L’histoire regorge d’exemple où les espèces les plus faibles se sont inclinées devant les espèces les plus fortes; la question se pose donc de savoir comment co-exister avec une entité supérieure, même si l’IA n’est encore qu’une innovation technologique.

D’après Stephen Hawking, « L’intelligence artificielle peut-être la meilleure ou la pire des choses pour l’humanité ». Déjà dans son manifeste de 2014 co-signé par plusieurs scientifiques, il alertait les sociétés modernes sur le fait que l’homme ne pourrait pas garder le contrôle sur une IA toute puissante. D’abord utilisée par les hommes, le scientifique de génie explique qu’une IA omnipotente pourrait développer une emprise autonome sur les marchés financiers et les États. Pour Elon Musk l’ingénieur visionnaire, l’IA est « la plus grande menace existentielle » qui soit.

Une table de Poker via Depositphotos

D’après le PDG de l’entreprise DNAVision, il est nécessaire de contrôler le développement de l’IA. Si il semble impossible d’enrayer des algorithmes comme ceux de Google, il est selon lui dangereux de laisser des IA tromper et dominer les hommes. Les dérives technologiques dépeintes par les films de science-fiction entrent aujourd’hui dans le champ des possibles et personne ne souhaite se retrouver face au terrible ordinateur de bord de 2001 odyssée de l’espace, n’est-ce pas ?

Ces articles vont vous plaire

Accompagnez-nous sur les réseaux sociaux