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Grâce à un permis, les Parisiens peuvent faire pousser leurs plantes dans la rue

Paris avait déjà ses Buttes Chaumont, le parc Monceau, le jardin des Tuileries ou encore celui du Luxembourg, sans oublier tous ses petits squares disséminés un peu partout dans la ville. Aujourd’hui, les Parisiens sont invités à rendre la capitale encore plus verte en s’improvisant jardiniers. Grâce au permis de végétaliser délivré par la mairie, Paris est devenu leur jardin.

Depuis le 30 juin 2015, jardiner dans les rues de Paris est désormais possible. Tous les Parisiens qui le désirent peuvent aménager eux-mêmes un coin de verdure dans la rue, créer un petit potager au pied d’un arbre ou d’un poteau, installer un pot de fleur en bas d’un immeuble ou créer un mur végétal. Les habitants sont encouragés à être créatifs et à faire preuve d’imagination.

Une photo publiée par Ericsauf (@ericsauf) le

Pour la mairie de Paris, l’idée est de « développer et renforcer la place de la nature dans la ville ». Anne Hidalgo, maire de Paris depuis 2014, a clairement affiché son souhait de végétaliser la capitale. Son objectif : ajouter 30 hectares de jardins ouverts au public, planter 20 000 nouveaux arbres et introduire 100 hectares de végétalisation sur les murs et les toits de la ville lumière d’ici 2020, dont un tiers consacré à l’agriculture urbaine.

Ce permis de végétaliser offre aux habitants la possibilité de cultiver leurs plantes sur la voie publique et à l’endroit de leur choix. Il suffit d’en faire la demande sur le site de la mairie et d’expliquer son projet. Un mois plus tard, les Parisiens reçoivent un permis de végétaliser valable trois ans ainsi que, s’ils le souhaitent, un kit de plantation contenant de la terre végétale et des graines. Les possibilités sont multiples et les habitants sont libres de faire pousser (presque) tout ce qu’ils veulent : des fleurs, des arbres fruitiers, des légumes et autres plantes diverses et variées.

Tout jardinier doit toutefois s’engager à respecter les règles de la « charte de végétalisation ». D’abord, les pesticides sont à bannir. Les jardiniers devront utiliser des plantes locales et mellifères, c’est-à-dire qui produisent du nectar et qui attirent donc les abeilles et autres insectes butineurs, essentiels pour favoriser la biodiversité de la capitale. Les jardiniers en herbe doivent aussi assurer l’esthétique et l’entretien de leur jardinière, pot ou potager.

En plus d’apporter de la verdure et d’embellir Paris, cette initiative permet de rapprocher les habitants et de créer du lien social. Encouragés à s’investir davantage dans la ville, les Parisiens prennent plaisir à se réapproprier l’espace public. Désormais dans les rues de Paris, on peut croiser sur son chemin des jardinières fleuries, des plants de tomates au pied d’un arbre et de plus en plus de murs végétalisés, pour le plus grand bonheur de ses habitants et de ses visiteurs.

Si nous osons dire la vérité sur le passé, peut-être oserons-nous dire la vérité sur le présent.

— Ken Loach