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Ce robot sauveteur a été placé dans les eaux grecques pour venir en aide aux réfugiés condamnés à la noyade

Face aux violences qui font rage dans le monde, des milliers d’individus doivent chaque jour fuir leur pays. Ces flux migratoires entrainent des catastrophes humaines désastreuses, notamment en mer. Mais un robot sauveteur pourrait bien changer la donne. SooCurious vous présente cette invention salvatrice.

Fuyant la violence en Afrique et au Moyen-Orient, et en particulier en Syrie, plus d’un million de réfugiés ont traversé la mer en 2015 pour atteindre l’Europe et près de 4000 d’entre eux ont perdu la vie dans ce périlleux trajet. En Grèce, ce danger est particulièrement présent, essentiellement au large de l’île de Lesbos, où transitent chaque jour environ 2000 réfugiés.

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Quotidiennement, au large de Lesbos, la garde côtière doit venir en aide à des bateaux qui ont chaviré, qui sont à court de carburant, ou sont tout simplement détruits. C’est pourquoi la garde côtière a fait appel à une équipe du Center for Robot-Assisted Search and Rescue de l’Université texane A&M, afin qu’il lance un projet pilote pour concevoir un robot très spécial : Emily (pour Emergency Integrated Lifesaving Lanyard).

Emily consiste en une bouée de sauvetage couplée à un jet-ski. Le robot, qui mesure plus d’un mètre de long, est contrôlé à distance par un opérateur. Grâce à une corde longue de 600 mètres et qui se rembobine, les personnes en détresse doivent s’accrocher à l’engin avant qu’un sauveteur rembobine la ligne. Egalement, des drones appelés Fotokites, eux-mêmes attachés à une corde de 9 mètres, sont situés près de l’opérateur et lui permettent d’avoir une vue de dessus.

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A une vitesse constante maximum de 32 km/h, Emily a assez de jus pour tenir 20 minutes en mer, suffisamment de temps pour effectuer plusieurs voyages afin d’aller chercher des victimes, surtout grâce au fait qu’il n’a besoin de se propulser que lors du trajet aller (le retour étant réalisé grâce au rembobinage de la corde). Et sa flottaison est suffisante pour transporter 5 personnes à la fois. John Sims, un capitaine des pompiers, anciennement membre de la garde côtière américaine et qui contrôle le déploiement des robots aux Etats-Unis, précise d’ailleurs la procédure : « Nous pouvons atteindre un bateau en détresse et commencer à récupérer les gens qui peuvent s’accrocher au robot pour les rapatrier. Ensuite, le sauveteur humain peut faire son travail et se rendre sur place pour ramener les gens inconscients. »

Reste qu’Emily n’est pas encore utilisé en Grèce, et reste à l’essai. Ani Hsieh, co-présidente du comité de sureté, de sécurité et de sauvetage robotique à l’IEEE Robotics and Automation Society, estime d’ailleurs qu’« il faut être prudent ». Elle précise ainsi que « ce que beaucoup de gens qui travaillent avec des robots de sauvetage vous diront, c’est que beaucoup de choses commencent avec de bonnes intentions ». Vous ne savez jamais vraiment quel est le meilleur usage pour un robot « jusqu’à ce qu’il y ait des gens sur le terrain pour voir le matériel à l’épreuve ». Il est ainsi possible qu’Emily soit plus utile au sauvetage d’un nageur unique, plutôt qu’au sauvetage de grands groupes de personnes.

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Et comme à chaque interaction entre humains et robots très sophistiqués, le projet comporte des risques. Ses concepteurs savent par exemple que le fil auquel est relié Emily pourrait se prendre dans l’hélice d’un bateau des gardes-côtes. Ce genre de préoccupations a d’ailleurs conduit la garde côtière à interdire les 81 ONG de l’île de Lesbos à utiliser leurs propres bateaux sans autorisation spécifique. Mais l’équipe qui travaille à la conception d’Emily est suffisamment confiante dans les capacités de son engin pour être actuellement en train de lever des fonds afin d’en laisser un exemplaire en Grèce.

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Cette invention est une très bonne idée. Elle pourrait permettre de sauver beaucoup de vies humaines et ainsi amoindrir partiellement le drame que représentent les migrations massives de populations. Reste que ce type d’invention rappelle brutalement la nécessité d’une action pour mettre fin à la détresse dans laquelle se trouvent les personnes forcées à l’exil. Si les inventions robotisées vous intéressent, découvrez également cet engin qui scanne automatiquement les rayons des supermarchés pour limiter la surproduction. Face à la nécessité d’inventer des appareils comme Emily, quel constat faites-vous quant à la responsabilité des Etats dans les migrations de populations ?