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Le sang du dragon du Komodo pourrait nous aider à résister aux super-bactéries

Comptant parmi les plus grands reptiles de la Terre, le dragon de Komodo est un animal assez effrayant qui a pourtant le pouvoir de soigner certains patients. Son sang contiendrait en effet un élément capable de lutter contre les super-bactéries que les antibiotiques ne peuvent plus éliminer. Une découverte qui fascine les médecins mais qui pourrait être dangereuse pour l’espèce.

Comment le sang de dragon de Komodo pourrait-il sauver des vies ?

La découverte trouve ses origines en 2010, quand des scientifiques ont analysé de la bave de varan. Celle-ci contient des bactéries pathogènes, ce qui a intrigué les chercheurs car même si l’animal mord un homme, ce dernier ne meurt pas malgré la réputation du dragon.

Les scientifiques se sont alors penchés sur le système immunitaire de l’animal et ont voulu observer en détail ses peptides antimicrobiens. Ces protéines présentes chez tous les êtres vivants ont une particularité unique chez le dragon de Komodo. Elles ont le pouvoir de détruire des bactéries mortelles chez l’Homme et contre lesquels les antibiotiques ne font plus effet.

Une protéine efficace mais encore à l’étude

Sur les 48 protéines que les scientifiques ont trouvées dans le sang du dragon de Komodo, 47 ont des propriétés antimicrobiennes d’après une étude publiée le 6 février 2017. Dans le lot, 8 ont été synthétisées et testées sur 2 super-bactéries (les Pseudomonas aeruginosa et le Staphylocoque doré) devenues résistantes aux antibiotiques. Et sept d’entre elles sont venues à bout des bactéries. Une première expérience très satisfaisante pour les chercheurs qui incarne un espoir mais qui pose encore quelques problèmes.

Pourquoi ces protéines ne peuvent pour l’heure être utilisées sur des patients ?

Le sang de varan a beau être une solution pour venir à bout des super-bactéries, son exploitation sera difficile à mettre en place. En plus d’être une espèce protégée, les peptides trouvées dans le sang du dragon de Komodo sont destinées à une application cutanée. Les ingérer par voie orale ou intraveineuse présente encore des risques qui sont mal connus des scientifiques.

Néanmoins, certains chercheurs pensent qu’il n’est pas nécessaire d’utiliser le sang de varan pour éradiquer les super-bactéries. Des solutions alternatives pourraient être envisagées comme trouver d’autres familles de protéines compétentes, remettre en avant des molécules oubliées, concevoir des thérapies alternatives ou encore associer antibiotiques et inhibiteurs. Les protéines du sang de dragon de Komodo ne risquent donc pas d’être changées en antibiotiques de sitôt même si les scientifiques continuent de les examiner.

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