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5 faits qui prouvent que les chiens sont plus intelligents que ce que vous pensez

5 faits qui prouvent que les chiens sont plus intelligents que ce que vous pensez

Les amateurs de chiens l’affirment depuis des années et la science le confirme depuis peu : les chiens sont plus intelligents qu’on ne le croit. Ils peuvent saisir nos indices, montrer le lien affectif qui les unit à leur maître, et même manifester de la jalousie. Les chiens les plus brillants semblent être capables d’apprendre des centaines de mots. Probablement, ces capacités ont été développées au cours de l’évolution : pendant des milliers d’années, nous avons sélectionné les chiens les mieux adaptés à vivre avec les humains.

LES CHIENS SONT TRÈS DOUÉS POUR COMPRENDRE LES COMPORTEMENTS SOCIAUX

Au cours de la dernière décennie, les recherches sur le comportement et l’intelligence des chiens ont prospéré, et une série d’expériences a suggéré que les chiens sont capables de véritables prouesses dans le domaine de l’intelligence sociale et de la sensibilité émotionnelle. Dans l’ensemble, le psychologue et chercheur Stanley Coren estime que l’intelligence du chien moyen se situe à peu près au même niveau que celle d’un bébé de 2 ans et demi.

Ce domaine est encore nouveau, cependant, les chercheurs continuent de faire des découvertes surprenantes. « La plupart des laboratoires ont été historiquement dédiés à l’étude des rongeurs et des singes », explique Gregory Berns, un neuroscientifique d’Emory qui mène des recherches IRM sur les chiens. « Mais les chiens sont des animaux uniques, et je pense qu’à bien des égards ils sont parmi les plus doués pour comprendre les comportements sociaux. »

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En utilisant les nouvelles technologies comme l’IRM ainsi que des expériences comportementales soigneusement conçues, une poignée de laboratoires à travers le monde ont exploré la psyché des chiens – et trouvé qu’ils sont nettement plus intelligents que ce qu’on croit généralement.

 

Les chiens sont capables d’interpréter notre comportement – souvent mieux que les chimpanzés

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Les chimpanzés et les bébés humains de moins d’un an échouent habituellement à un très simple test de communication implicite : une personne installe deux tasses à l’envers sur le sol et pointe celle d’entre elles sous laquelle est cachée une friandise. Cela peut sembler extrêmement simple, mais aussi bien les chimpanzés que les bébés sont incapables d’interpréter ce geste comme un repère pour trouver la nourriture, et ils soulèvent la bonne tasse en premier seulement dans la moitié des cas.

Les chiens sont différents. Une série d’expériences menées par Brian Hare de l’université Duke a démontré que les chiens savent interpréter ce signal, en choisissant la bonne tasse beaucoup plus fréquemment. (Cela restait vrai même lorsque les deux tasses avaient été parfumées à l’odeur de la friandise.) Les chiens semblaient capables d’interpréter les regards humains et les hochements de tête les dirigeant vers la bonne tasse.

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Lors d’autres expériences, les chiens formés pour ne pas prendre un morceau de nourriture le font beaucoup plus souvent quand l’humain qui les observe quitte la pièce, ferme ses yeux ou se détourne. Encore une fois, cela semble très simple, mais cette compréhension de l’importance du regard est quelque chose que les chimpanzés ne semblent pas maîtriser.

D’autres études montrent que les chiens peuvent saisir nos jugements concernant les objets et agir en conséquence. Dans la première, les chiens observaient leur maître en train d’ouvrir deux boîtes mais ne pouvaient pas voir eux-mêmes ce qui était à l’intérieur. Le maître a agi positivement sur le contenu d’une boîte (en souriant, parlant sur un ton positif et se penchant vers elle) et négativement sur celui de l’autre (en reculant en état de choc et en parlant d’un ton coléreux). Dans 81 pour cent de temps les chiens se sont dirigés vers la première boîte – une constatation qui est similaire aux résultats de la même expérience menée avec les bébés de 18 mois.

 

Les chiens peuvent apprendre des centaines de mots

Les chiens sont capables de comprendre les mots mais aussi le ton via Shutterstock
Les chiens sont capables de comprendre les mots mais aussi le ton via Shutterstock

CERTAINS CHIENS PEUVENT RETENIR PLUS DE 1 000 MOTS DIFFÉRENTS

Tous les chiens n’ont pas la même capacité à se souvenir des choses. Ils sont aussi différents que les humains ou d’autres animaux. Mais les scientifiques ont trouvé que certains chiens particulièrement doués pouvaient être formés pour retenir 1000 mots différents.

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Le cas le plus célèbre est un border collie appelé Chaser, qui a été formé par un professeur de psychologie à la retraite. Comme l’indique une étude publiée en 2011 dans Behavioral Processes, Chaser a appris les noms de 1 022 jouets différents – lorsqu’on lui demande de ramasser un jouet spécifique, elle récupère le bon dans environ 95 pour cent du temps. Plus récemment, son professeur l’a formée à reconnaître les verbes. Désormais, elle connait la différence entre « ramasser quelque chose », « mettre sa patte » sur elle et « mettre son nez » là-dessus.

Les capacités de Chaser sont certes extraordinaires, mais cette chienne n’est pas un cas unique. Un autre border collie nommé Rico a montré sa faculté à reconnaître plus de 200 mots différents et maîtrise un processus cognitif appelé « fast-mapping » – quand il entend un nouveau mot, il sait aller chercher un nouveau jouet, plutôt que celui dont il connaît déjà la nomination.

 

 

 

Les chiens prêtent attention à nos paroles et pas seulement à notre ton

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Les propriétaires de chiens pensent souvent que leur chien est sensible surtout au ton de leur discours. Mais les expériences menées par Victoria Ratcliffe, chercheuse en psychologie à l’université du Sussex, suggèrent que le cerveau d’un chien détecte tout aussi bien les mots qui sont dits.

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Dans le cerveau humain, l’hémisphère gauche traite principalement les processus du langage tandis que l’hémisphère droit permet de distinguer l’émotion et le ton. Le son qui pénètre dans notre oreille droite est dirigé vers l’hémisphère gauche – et vice versa. Donc, la plupart d’entre nous interprètent le langage à l’aide de leur oreille droite et détectent le ton avec la gauche.

Ratcliffe a montré que les chiens fonctionnent selon le même principe. « Nous avons placé des parleurs de chaque côté du chien et avons produit un bruit des deux côtés », dit-elle. En entendant les commandes familières, les chiens se tournaient vers la droite de façon disproportionnée. Et lorsqu’ils entendaient les paroles déformées ou des commandes dans une langue qu’ils n’ont jamais entendue, les chiens se tournaient vers la gauche.

« Cela montre qu’ils traitent les mots qu’ils connaissent différemment des autres », dit-elle. Dans les travaux en cours, elle cherche à déduire le type exact de l’information que les chiens associent avec les mots qu’ils ont appris.

 

Les chiens sont connectés émotionnellement à leurs propriétaires

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LORSQU’UN CHIEN VOIT OU ENTEND SON MAÎTRE, LA MÊME PARTIE DE SON CERVEAU EST ACTIVÉE QUE CHEZ L’HOMME

Certaines des études les plus fascinantes menées sur les chiens à l’aide du scanner cérébral viennent du laboratoire de Berns à Emory. Dans l’une de ses expériences les plus frappantes, Berns a constaté que lorsque les chiens reniflaient un chiffon imbibé du parfum de leur propriétaire, cela entraînait l’activation de leur noyau caudé qui est un centre de récompense jouant un rôle dans l’attachement émotionnel. Mais ce n’était pas le cas lorsqu’il s’agissait de l’odeur d’un étranger. La même activation se produisait lorsque le propriétaire du chien entrait dans la pièce, contrairement au cas où il s’agissait d’un étranger. Dans des expériences plus récentes, Berns a mis les chiens dans un scanner cérébral fonctionnel (IRMf) en demandant à plusieurs personnes de leur envoyer un signal associé à une récompense. « Les chiens qui ont marqué un score plus faible sur les tests d’agressivité se sont montrés réceptifs uniquement au signal de leur maître », dit-il.

Les chiens plus agressifs ont montré des scores égaux dans le système de récompense indépendamment de l’humain donnant le signal. Son laboratoire travaille actuellement avec les organisations de chiens aidants pour voir si ce genre de test pourrait être utilisé dans la sélection de chiens-guides.

 

5) Les chiens peuvent ressentir de la jalousie

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Traditionnellement, l’émotion de la jalousie était attribuée uniquement à des primates. Mais différentes études menées récemment ont fourni les preuves que les chiens l’éprouvent aussi.

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Dans une expérience, les chercheurs de l’université de Vienne dressaient d’abord les chiens pour donner la patte (« serrer la main ») en échange d’une friandise. Ils ont ensuite procédé aux expériences avec des paires de chiens, récompensant arbitrairement un seul, et ont trouvé que l’autre chien cessait de participer. Ce ne fut pas seulement la frustration de ne pas obtenir une récompense : quand les mêmes chiens participaient à l’expérience seuls sans voir un autre chien récompensé, ils ont participé pendant une période beaucoup plus longue sans récompenses.

Dans une autre étude, la chercheuse en psychologie Christine Harris a confirmé ce que beaucoup de propriétaires de chiens avaient longtemps soupçonné : les animaux sont aussi jaloux de l’attention accordée à leurs congénères.

Dans son expérience, les propriétaires ignoraient leurs chiens, en accordant leur attention soit à un livre animé ou à un chien en peluche robotisé pouvant aboyer et remuer sa queue. Lorsque plus tard, les chercheurs ont analysé les vidéos de l’expérience à l’aveugle, ils ont trouvé que les chiens manifestaient plus de jalousie (en grognant ou en se frottant contre leur maître) lorsqu’il s’agissait du chien en peluche, plutôt que du livre. Le résultat était le même dans des expériences similaires menées pour tester les réactions des bébés de six mois.

Un labrador via Shutterstock
Un labrador via Shutterstock

LES CHIENS SONT ADAPTÉS À NOS ACTIONS

Beaucoup de ces capacités ont été façonnées par l’évolution. Après tout, leurs ancêtres, les loups, étaient les plus rapides pour s’adapter à la vie avec les humains, et depuis, pendant des milliers d’années, ils ont été élevés spécialement pour leur capacité à être dressés par nous. Il est logique que cette pression sélective aboutisse à des animaux particulièrement à l’écoute de la voix humaine et de nos émotions.

Mais certains scientifiques estiment que la sensibilité aiguë des chiens envers les humains pourrait effectivement nous conduire à exagérer leur intelligence. Ils sont remarquablement adaptés à nos actions, mais ils n’en saisissent pas toujours la signification. Comme le chercheur en cognition canine Clive D.L. Wynne a déclaré dans le New York Times : « Par un heureux hasard la pensée canine et la pensée humaine se superposent suffisamment pour que nous puissions avoir de telles relations avec des chiens, mais nous ne devrions pas tomber dans l’illusion que les chiens voient le monde la même façon que nous. »

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Un bon exemple de cela – et de la tendance à surestimer les facultés cognitives des animaux propres aux nombreux propriétaires de chiens – est une série d’expériences menées au Laboratoire de la cognition canine de Horowitz de Barnard. Elles ont étudié ce qui est communément appelé le « regard coupable ».

Les propriétaires de chiens disent souvent qu’en rentrant à la maison ils sont capables de déduire si leur chien s’est bien comporté en leur absence. Mais les chercheurs, dirigés par Julie Hecht, ont laissé les chiens seuls dans une chambre avec la nourriture qui leur avait été interdite, puis filmé et rigoureusement analysé leurs interactions avec leurs propriétaires (qui ne savaient pas s’ils avaient été « sages »).

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Il s’est avéré que les chiens désobéissants n’avaient pas l’air plus coupable que d’autres au retour du maître ; en revanche, ils se montraient « coupables » après ses réprimandes. Les chiens aiment les humains, sont à notre écoute, et sont désireux de nous plaire. Mais il n’est pas toujours facile de faire la part des choses, en séparant une intelligence innée d’un réflexe acquis ou d’une réaction purement affective.

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