
Les fouilles de la grotte de Denisova, dans le sud de la Sibérie, ont conduit à la découverte d’ossements d’une espèce de bovidé préhistorique nouvelle pour la science, qui évoluait dans la région durant la dernière période glaciaire.
Des analyses ADN révélatrices
Située dans les contreforts de l’Altaï, Denisova est essentiellement connue pour avoir livré les premiers témoignages d’une espèce humaine archaïque contemporaine des Néandertaliens : les Dénisoviens. Récemment, Love Dalén, de l’université de Stockholm, et ses collègues se sont penchés sur des centaines de minuscules fragments d’os d’animaux provenant à la fois de cette célèbre grotte et de deux autres situées dans la région de l’Oural.
Les analyses ADN ont révélé des séquences typiques des bovidés, ne correspondant toutefois à aucune espèce actuelle ou disparue (bison des steppes et auroch) connue.
L’examen de la vingtaine de génomes reconstitués suggère que la nouvelle espèce s’est séparée du yack sauvage (Bos mutus) il y a environ 400 000 ans, soit une divergence chronologiquement similaire à celle des ours polaires (Ursus maritimus) et bruns (Ursus arctos). Environ 150 000 ans plus tard, le « yak X » s’est isolé génétiquement, pour finalement disparaître il y a environ 30 000 ans.
Si la nature très fragmentaire des restes découverts ne permet pas de se faire une idée précise de son apparence, Dalén et ses collègues soupçonnent que ceux précédemment attribués par des paléontologues russes à une sous-espèce du yak de l’Himalaya pourraient également être des témoignages de ce bovidé préhistorique. Ce que de futures analyses pourraient confirmer.
Genetic analysis of hundreds of tiny bone fragments found in the same cave that yielded the first fossil remains of the Denisovans has revealed that the region was once also home to a previously unknown species of yak https://t.co/quNqBXOnrJ
— New Scientist (@newscientist) October 10, 2026
Une espèce sans doute moins bien adaptée aux conditions de haute montagne
Comme le rappellent les auteurs de la nouvelle étude, publiée dans la revue Current Biology, l’altitude des environnements où évoluait le « yak X » était bien inférieure à celles de l’aire de répartition historique de ses parents modernes (essentiellement le plateau tibétain), suggérant qu’il était sans doute moins bien adapté aux conditions de haute montagne.
Bien qu’il n’existe à ce jour aucune preuve directe que ce bovidé ait été activement chassé par les Dénisoviens, Néandertaliens et humains modernes qui évoluaient dans les mêmes régions, il aurait sans doute été la cible de ces anciens humains et de grands prédateurs préhistoriques, comprenant hyènes et lions des cavernes.