Nous sommes tous impressionnés par ceux qui osent se montrer vulnérables. Ceux qui ont le courage de dévoiler leurs failles. À l’inverse, nous avons tendance à nous sentir honteux lorsque nous le faisons de même. Pourtant, montrer sa vulnérabilité nous est généralement favorable ! La science répond enfin à cette incohérence, que les chercheurs surnomment le « bel effet de désordre ».

DES PERCEPTIONS DIFFÉRENTES DE LA VULNÉRABILITÉ

Se montrer vulnérable peut prendre des formes très différentes. Par exemple : proposer un rendez-vous galant à la personne qui nous plaît, se porter volontaire pour chanter en premier à une sortie type karaoké, ou encore faire le premier pas pour essayer de réparer une amitié brisée. Quelle que soit la situation, cela demande beaucoup de courage de risquer d’être blessé, critiqué voire rejeté.

Est-ce pour cela qu’il nous est difficile de nous montrer vulnérable ? La réponse est non. En effet, la plupart du temps, montrer sa vulnérabilité est favorable à la personne vulnérable. Alors, la psychologue Anna Bruk et ses collègues de l’Université de Mannheim ont cherché à comprendre pourquoi nous valorisons la vulnérabilité des autres, tandis que nous avons honte de la nôtre. Les chercheurs ont publié leur étude dans la revue PsycNET.

Les chercheurs se sont inspiré de la conférence « The Power of Vulnerability » de Brené Brown.

UN PHÉNOMÈNE NOMMÉ « BEL EFFET DE DÉSORDRE »

Pour mettre au jour ce « bel effet de désordre », les chercheurs ont mis des participants dans des situations réelles et hypothétiques exigeant un certain degré de vulnérabilité. Par exemple, ils leur ont demandé de s’imaginer en train de confesser leurs sentiments amoureux, ou encore d’admettre une erreur. Ils leur ont également fait croire qu’ils devraient participer à un concert, et chanter face à un jury.

Certains scénarios mettaient en scène les participants eux-mêmes, tandis que d’autres nécessitaient d’imaginer quelqu’un d’autre le faire. Dans chacune des situations, réelles ou fictives, les participants devaient évaluer le degré de courage nécessaire pour réaliser l’action demandée. La plupart du temps, les participants jugeaient les autres plus courageux qu’eux-mêmes, dans des situations similaires !

Ainsi, selon l’équipe de la psychologue Anna Bruk, cette incohérence se joue au niveau de l’interprétation. Nous avons tendance à douter de nous-même et à nous dévaloriser. A l’inverse, nous sommes facilement impressionnés par les efforts des autres, notamment lorsqu’ils se montrent vulnérables. Donc, dans les situations qui nécessitent de rassembler tout son courage, le secret est peut-être de prendre du recul et d’imaginer quelqu’un d’autre à notre place !

Imaginer quelqu’un d’autre et penser que, si cette personne peut le faire, nous aussi !

COMMENTEZ

Inscrivez-vous ou connectez-vous pour commenter
avatar
  S’abonner  
Notifier de