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La question de savoir si l’éclairage est un moyen de dissuasion pour les voleurs ou s’il les aide simplement à voir ce qu’ils font a fait l’objet d’un débat animé. Une nouvelle étude suggère que pour réduire les vols de voitures, il serait préférable de les laisser dans l’obscurité.

Une influence insoupçonnée sur la criminalité

Dans le cadre de travaux publiés dans le Journal of Quantitative Criminology, Phil Edwards et ses collègues de la London School of Hygiene and Tropical Medicine ont examiné les données relatives à diverses formes de criminalité, notamment les violences, les cambriolages et les vols dans les véhicules, au gré des modifications apportées à l’éclairage public de plusieurs comtés anglais entre 2004 et 2013.

Trois types d’éclairage public ont été examinés : l’utilisation d’un éclairage blanc toute la nuit, la réduction de son intensité entre minuit et 5 heures du matin environ, et son extinction totale durant ce même intervalle.

Si les formes de criminalité analysées étaient plus fréquentes la nuit que le jour, il s’est avéré qu’elles avaient toutes diminué au cours des années étudiées, et que l’extinction de l’éclairage public semblait, de façon assez surprenante, avoir contribué à cette tendance.

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Suite à la prise en compte des changements dans les niveaux de criminalité de jour (donnant une idée des fluctuations dues à des facteurs autres que les changements d’éclairage), les chercheurs ont en effet constaté que lorsque celui-ci était éteint entre minuit et 5 heures du matin, le taux de criminalité nocturne totale avait diminué d’environ 15 %, et les vols de véhicules de 44 %.

Des larcins compliqués par l’obscurité

L’augmentation des vols de véhicules dans les rues adjacentes, qui étaient éclairées toute la nuit, suggère que l’obscurité complique la tâche des malfaiteurs, qui ont plus de mal à distinguer les objets de valeur à l’intérieur d’un véhicule, évaluer sa sécurité ou récupérer certaines pièces et équipements.

Selon Edwards, ces nouveaux travaux mettent en évidence la complexité des décisions relatives à l’éclairage des rues. « Des études antérieures ont clairement indiqué que les gens préfèrent les rues éclairées, qu’ils se sentent plus en sécurité, mais nos analyses montrent que son absence contribue à réduire la criminalité », conclut-il.

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