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Avec les avions cloués au sol pendant plusieurs mois, plusieurs compagnies aériennes ont dû déposer leur bilan au cours de ces derniers mois. Alors que des restrictions de circulation sont toujours maintenues, les compagnies qui ont pu tenir debout redoublent d’imagination pour ne pas sombrer. Ces dernières semaines, les vols pour nulle part se sont multipliés. Le concept ? Proposer des vols avec des départs et arrivées dans le même aéroport.

Un succès inattendu

Les vols sans destination sont particulièrement populaires en Asie et en Australie. De son côté, la compagnie australienne Qantas a réussi à écouler 134 billets pour un vol partant de Sydney pour revenir au même endroit en seulement quelques minutes. Prévu le 10 octobre prochain, il s’agit plus précisément d’un vol panoramique, ne nécessitant ni passeport ni quarantaine. « C’est probablement le vol qui s’est vendu le plus rapidement de l’histoire de Qantas », s’est réjoui Alan Joyce, le président-directeur général de la compagnie aérienne.

En Asie, les vols du même genre sont nombreux depuis plusieurs semaines. En juillet dernier, la compagnie China Airlines proposait notamment un vol n’ayant même pas quitté le sol, avant de proposer deux véritables vols depuis Taipei en août dernier. D’autres compagnies aériennes – dont la compagnie taiwanaise Eva Air, la compagnie nippone All Nippon Airways et la Royal Brunei Airlines – ont également proposé des vols pour nulle part avec des formules différentes.

« Beaucoup de gens peuvent avoir l’impression que monter dans un avion, c’est juste pour vous emmener d’un point A à un point B. Pour moi, être dans un avion est en fait l’une des parties les plus excitantes de l’expérience », a témoigné Willy Kong, qui a déboursé 93 euros pour l’un de ces billets assez particuliers. N’ayant pas quitté le sol de son pays depuis février dernier, « la démangeaison de voyager à nouveau s’est fait sentir – même si c’est juste d’être à nouveau dans un avion et de voyager vers nulle part », a-t-il précisé.

Une démarche bénéfique pour l’économie, mais problématique du point de vue environnemental

La crise sanitaire a beaucoup impacté le secteur de l’aviation. En juin dernier, l’Association internationale du transport aérien déclarait que cette année serait la pire de l’histoire de l’aviation. Avec des pertes estimées à plus de 84 milliards de dollars, soit environ 71 milliards d’euros, il faudra compter au moins quatre ans pour redresser la situation. En Europe, certaines compagnies ont reçu des fonds venant du gouvernement pour éviter l’effondrement. En revanche, d’autres ont dû procéder à la déposition de leur bilan.

Ces vols pour nulle part semblent idéaux pour réduire les pertes. Cependant, ils posent problème du point de vue environnemental. À Singapour, un appel à contribution citoyenne a notamment permis de mettre en place des initiatives pour que le groupe Singapore Airlines puisse générer des revenus sans proposer des vols inutilement. De son côté, la compagnie australienne Qantas promet de payer pour compenser les émissions de carbone de son vol du 10 octobre prochain. Toutefois, cela ne réduira pas les émissions.

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