Terre rotation
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Notre planète a récemment établi un record inhabituel : son jour le plus court depuis les années 1960, lorsque les scientifiques ont commencé à mesurer sa rotation avec des horloges atomiques de haute précision.

Une rotation record

La Terre effectue actuellement un tour complet sur son axe toutes les 24 heures. Rythmé par le lever et le coucher du Soleil, ce cycle quotidien façonne les modes de vie des différentes formes qu’elle abrite depuis des milliards d’années. Cependant, il s’avère que différents phénomènes peuvent faire varier très sensiblement sa durée. Au cours de l’année 2020, notre planète a ainsi connu 28 des journées les plus courtes de ces cinq dernières décennies. Le record en la matière étant établi le 19 juillet, avec une rotation complète 1,47 milliseconde plus brève.

Celui-ci a été une nouvelle fois battu le 29 juin 2022, avec une rotation 1,59 milliseconde plus rapide que la durée moyenne de référence (86 400 secondes).

Si ces récents records semblent suggérer que la Terre tourne de plus en plus vite sur elle-même, à des échelles de temps géologiques, c’est l’inverse qui se produit : il y a 1,4 milliard d’années, les journées terrestres duraient moins de 19 heures. En moyenne, on estime que celles-ci s’allongent d’environ un 74 000e de seconde chaque année. Une tendance étroitement liée à l’attraction gravitationnelle de la Lune, exerçant une force de friction qui freine régulièrement la rotation de notre planète.

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Pour caler nos horloges sur ce mouvement, l’Union internationale des télécommunications a décidé d’ajouter des secondes intercalaires occasionnelles en juin ou en décembre (la première fois en 1972 et la dernière en 2016). Concrêtement, ce processus consiste à stopper les horloges pendant une seconde pour permettre à notre planète de rattraper son retard.

Des fluctuations à court terme

Bien que la Terre ralentisse sur le long terme, la situation s’avère plus complexe à court terme. Son noyau en fusion, sa surface parsemée de continents en mouvement et d’océans ainsi que l’épaisse couche de gaz qui l’enveloppe engendrent des perturbations et oscillations qui, bien qu’essentiellement imperceptibles, influencent sa vitesse de rotation.

D’après la Nasa, les vents violents lors des années El Niño peuvent la ralentir d’une fraction de milliseconde, et les séismes majeurs avoir l’effet inverse. En 2004, le tremblement de terre à l’origine du tsunami dévastateur dans l’océan Indien avait ainsi déplacé suffisamment de roches pour raccourcir la durée du jour de près de trois microsecondes.

Si cette tendance au raccourcissement des jours se poursuit, elle pourrait entraîner la première application d’une « seconde intercalaire négative », consistant cette fois à sauter une seconde. Une solution loin de faire l’unanimité, en raison du risque de perturbation des systèmes informatiques et de corruption des données que de tels « bonds temporels » impliquent.

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