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Des scientifiques ont modifié génétiquement une souche du virus de l’herpès afin de l’utiliser comme agent anticancéreux chez l’Homme. Récemment dévoilés, les résultats d’un premier essai clinique indiquent que ce traitement expérimental s’avère efficace et sûr.

« Nous pouvons exploiter certaines de leurs caractéristiques pour infecter et tuer les cellules cancéreuses »

Le potentiel des virus oncolytiques pour éradiquer les cellules cancéreuses est exploré depuis des années. Pour cette nouvelle étude, une équipe de l’Institut de recherche sur le cancer a créé une souche modifiée du virus de l’herpès simplex, nommée RP2. Conçue pour se multiplier uniquement à l’intérieur des cellules cancéreuses et provoquer leur éclatement, celle-ci peut être injectée directement dans les tumeurs et agit comme un signal d’alarme pour le système immunitaire.

« Les virus sont l’un des plus vieux ennemis de l’humanité, comme nous l’avons tous constaté lors de la pandémie », explique la scientifique Kristian Helen. « Nos nouvelles recherches montrent que nous pouvons exploiter certaines de leurs caractéristiques pour infecter et tuer les cellules cancéreuses. »

« Elles indiquent qu’un virus anticancéreux génétiquement modifié peut faire coup double, en détruisant directement les cellules cancéreuses de l’intérieur et en mobilisant le système immunitaire contre elles », ajoute son collègue Kevin Harrington.

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Les résultats du premier essai de phase 1 testant la thérapie oncolytique chez 39 patients ont été annoncés lors d’une récente conférence médicale en Europe. Trois des neuf sujets testant la thérapie virale seule ont vu le volume de leurs tumeurs diminuer, tandis que des bénéfices significatifs ont été observés chez sept des 30 patients restants chez qui le traitement avait été utilisé en combinaison avec une forme classique d’immunothérapie.

Une étape importante

Cet essai de phase 1 visait principalement à établir la sûreté du traitement et aucun effet indésirable grave n’a été détecté. Les patients recrutés étant atteints d’un certain nombre de cancers différents, de futurs essais permettront selon l’équipe d’établir plus précisément les formes contre lesquelles le traitement se révèle le plus efficace.

« Il est rare de voir des taux de réponse aussi bons dans des essais cliniques de stade précoce, car leur objectif premier est de tester la sécurité du traitement et ils impliquent des patients atteints de cancers très avancés pour lesquels les traitements actuels ont cessé de fonctionner », souligne Harrington. « Je suis impatient de découvrir les bénéfices qu’il procurera chez un nombre croissant de patients. »

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