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Si l’une des principales missions du rover Perseverance consistera à tenter d’identifier des signes d’une vie microbienne ancienne sur la planète rouge, une nouvelle étude géochimique suggère que celle-ci pourrait encore prospérer sous sa surface.

Passé plus bleu pour la planète rouge

Présentée aujourd’hui comme un monde aride et stérile, Mars abritait autrefois des océans et des rivières, selon les observations réalisées au fil des décennies par les orbiteurs et les rovers déployés sur la planète rouge. Par conséquent, on considère que la vie a pu se développer à cette époque propice, puis s’éteindre lorsque la planète s’est asséchée, avant d’avoir atteint la variété complexe que nous connaissons sur Terre.

Partant de cette hypothèse, la NASA s’est lancée dans la quête de témoignages de cette vie ancienne. Mais selon de nouveaux travaux publiés dans la revue Astrobiology, il est probable que la vie microbienne ait en fait perduré dans les entrailles de Mars.

Des déserts les plus arides aux lacs sous-glaciaires situés sous des centaines de mètres de glace polaire, les microbes apparaissent régulièrement dans des environnements auparavant considérés comme trop hostiles pour la vie. Et si cela se produit ici sur Terre, il est possible qu’un tel schéma intervienne également sur d’autres planètes. Sachant que des études antérieures ont montré que les microbes pouvaient même survivre dans l’espace.

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La Terre possédant son propre écosystème gigantesque de microbes vivant dans les fissures et les crevasses et survivant grâce à l’énergie produite par les réactions géochimiques entre la roche et l’eau, les chercheurs de l’université Brown ont cherché à déterminer si Mars pouvait abriter un écosystème souterrain similaire.

Une quantité d’énergie probablement suffisante pour soutenir une vie microbienne souterraine

Selon eux, la radiolyse pourrait alimenter les organismes. Cette réaction chimique particulière se produit lorsque des éléments radioactifs présents dans les roches décomposent l’eau en ses atomes d’hydrogène et d’oxygène, que les microbes peuvent ensuite récolter pour en tirer de l’énergie. Des microbes dotés de cette capacité vivant jusqu’à 1,6 km sous la surface terrestre, il est possible qu’un phénomène similaire se produise sur la planète rouge.

« La principale implication est que partout où vous avez de l’eau souterraine sur Mars, il y a une grande probabilité que vous ayez assez d’énergie chimique pour entretenir une vie microbienne souterraine », estime Jesse Tarnas, auteur principal de l’étude. « Nous ne savons pas si la vie a commencé sous la surface de Mars, mais si c’est le cas, nous pensons qu’il y aurait suffisamment d’énergie pour la maintenir jusqu’à aujourd’hui. »

Ces dernières années, des lacs souterrains ont été détectés sous les calottes polaires de la planète rouge, et une étude récente a même suggéré que la majeure partie de l’eau autrefois présente à sa surface s’était infiltrée dans ses entrailles. Mars se révélant par ailleurs beaucoup moins active sur le plan tectonique que la Terre, tout cela suggère que les microbes pourraient subsister sous sa surface depuis des milliards d’années.

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Des météorites martiennes présentant une composition propice à la vie

Pour déterminer si la radiolyse pouvait effectivement se produire sur Mars, les scientifiques ont étudié les données du rover Curiosity et de plusieurs orbiteurs, ainsi que la composition d’une série de météorites martiennes découvertes sur Terre. Les signes de ce processus comprenant la présence de minéraux sulfurés, d’éléments radioactifs comme le thorium, l’uranium et le potassium, et de pores susceptibles de retenir l’eau.

Dans plusieurs types de météorites, l’équipe a trouvé des quantités de ces trois ingrédients susceptibles de favoriser les écosystèmes microbiens. Un type de roche appelé brèche régolithique, dont l’âge est supérieur à 3,6 milliards d’années, représentant l’environnement le plus prometteur pour la vie.

S’il s’agit assurément d’une découverte intrigante, celle-ci ne pourra être définitivement confirmée ou infirmée de sitôt, étant donné que les profondeurs impliquées se révèlent largement hors de portée de Perseverance ou de tout autre robot martien.

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