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— Valentin Ayupov / Shutterstock.com

Sous l’épaisse canopée de l’Amazonie, une équipe d’archéologues a découvert les vestiges d’un réseau complexe de cités préhispaniques perdues, qui auraient abrité au moins 10 000 âmes il y a deux millénaires.

Réseau urbain préhispanique

Bien que la vallée équatorienne d’Upano, située le long des Andes orientales, soit étudiée depuis des décennies, ce n’est que récemment que les archéologues ont pu obtenir un aperçu de sa richesse architecturale perdue, grâce à la technologie LIDAR (Light detection and ranging), qui génère un grand nombre d’impulsions laser par seconde.

En calculant le temps que mettent ces dernières pour se répercuter sur les objets environnants ou le sol et revenir à l’émetteur, les chercheurs peuvent déterminer précisément l’élévation du sol, et ainsi détecter d’anciennes infrastructures humaines masquées par la végétation.

Couvrant environ 600 kilomètres carrés, le vaste site nouvellement identifié a été occupé de -500 à 300 ou 600 de notre ère, initialement par les sociétés agricoles et sédentaires précolombiennes Kilamope et Upano, puis, après un « hiatus », par la culture Huapula.

L’équipe a identifié pas moins de 6 000 plateformes artificielles en terre qui accueillaient autrefois des bâtiments résidentiels et cérémoniels, des places et rues suivant un schéma géométrique, ainsi que des champs agricoles et leurs canaux de drainage, reliés par de larges voies s’étendant sur plusieurs kilomètres.

15 sites de peuplement distincts

Les chercheurs ont également identifié une quinzaine de sites de peuplement distincts, abritant également des monticules massifs pouvant mesurer jusqu’à 150 mètres de long pour 8 de haut.

Dans l’ensemble, de telles découvertes révèlent la complexité et l’étendue des premiers réseaux de colonies amazoniennes, comparables aux systèmes urbains mayas précédemment mis au jour en Amérique centrale.

« Il s’agissait d’une société stratifiée, avec probablement une autorité et des ingénieurs pour tracer des routes », souligne Stéphen Rostain, chercheur au CNRS et auteur principal de la nouvelle étude, publiée dans la revue Science. « Il n’y avait pas que des autochtones chasseurs-cueilleurs archaïques en Amazonie mais aussi des populations urbaines complexes. »

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