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L’Europe a promis de vacciner 70 % des adultes d’ici la fin de l’été 2021. Cependant, il semblerait que le continent soit à la traîne sur les États-Unis et le Royaume-Uni. Pour cause, la validation trop tardive des vaccins, la réticence de la population face aux vaccins, la mauvaise gestion des campagnes de vaccination, et autres.

Les États-Unis et le Royaume-Uni ont battu leurs records de vaccination la semaine dernière

L’Europe prend du retard en ce qui concerne les vaccinations contre le Covid-19. D’après le site Ourworldindata, le 21 mars dernier, une moyenne de 13 personnes adultes sur 100 ont reçu une dose de vaccin en Europe. Aux États-Unis et au Royaume-Uni, on comptait respectivement 37 et 44 personnes adultes vaccinées sur 100. Ainsi, ces deux nations devraient pouvoir entamer leur retour à la normale dans quelques semaines, alors qu’une partie de l’Europe sera en plein confinement.

La semaine dernière, les États-Unis ont annoncé qu’ils venaient de dépasser les 100 millions de doses injectées. Au cours du week-end dernier, la nation a même pu procéder à l’injection d’un total de 6 millions de doses. « C’est la première fois que nous vaccinons plus de 3 millions de personnes deux jours d’affilée », s’est félicité Cyrus Shahpar, le responsable de l’information Covid à la Maison-Blanche dans un tweet. De son côté, le Royaume-Uni a également battu son record de vaccination samedi dernier, avec 850 000 doses injectées en 24 heures. Un adulte sur deux est déjà vacciné. En France, on a administré seulement un peu plus de 56 000 doses le même jour.

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Comment expliquer ces différences ?

Contrairement au Royaume-Uni et aux États-Unis, l’Union européenne ne s’est pas lancée dans les procédures d’urgence de validation des vaccins. Cela a non seulement permis à l’Europe de se procurer des vaccins mois chers, mais également d’assurer que les laboratoires fournisseurs ne puissent pas échapper à leurs responsabilités en cas d’échec ou d’effets secondaires. Mais en contrepartie, elle a perdu quelques semaines, un temps précieux alors que de nombreuses personnes perdent la vie à cause du Covid-19 chaque jour.

Dimanche dernier, le commissaire européen à l’industrie Thierry Breton a reconnu que la campagne de vaccination au sein de l’Union européenne connaissait bien un retard. Cependant, il estime qu’il s’agit seulement d’un retard dans ses débuts. « Nous avons validé [le vaccin] quatre semaines après les Britanniques et trois semaines après les Américains. Nous retrouvons cette différence dans la dynamique actuelle », a-t-il déclaré.

En outre, la lenteur de la campagne de vaccination en Europe peut également s’expliquer par un financement insuffisant. En janvier dernier, Guntram Wolff, le directeur du think tank bruxellois Bruegel, expliquait que l’Union européenne avait alloué seulement 3,79 milliards d’euros aux accords d’achat anticipé, à la recherche et à la capacité, contre 18 milliards pour les États-Unis. Selon lui, les bas prix d’achat des vaccins seraient également susceptibles de ralentir les livraisons.

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