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S’étant révélé efficace à 77 % lors des premiers essais cliniques, le vaccin antipaludéen développé par les chercheurs de l’université d’Oxford pourrait représenter une importante percée dans la lutte contre l’une des maladies infectieuses les plus meurtrières au monde.

Des niveaux d’efficacité sans précédent

Le paludisme est causé par le parasite Plasmodium transmis aux humains par la piqûre de moustiques anophèles. En 2019, on a recensé 229 millions de cas de paludisme dans le monde et 409 000 décès, selon le rapport mondial sur le paludisme de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Près de 95 % des cas sont survenus en Afrique et 67 % des décès enregistrés concernaient des enfants de moins de 5 ans.

Jusqu’à présent, la mise au point d’un vaccin efficace contre cette maladie infectieuse s’est avérée compliquée, avec une efficacité plafonnant à 55,8 % pour les candidats vaccins. Connu sous le nom de R21/Matrx-M, le nouveau composé d’Oxford est le premier à franchir la barre des 75 % d’efficacité, constituant pour l’OMS l’objectif à atteindre d’ici 2030.

N’ayant pas encore fait l’objet d’un examen par des pairs, les résultats de cet essai clinique de phase 2 ont été pré-publiés dans la revue The Lancet. Celui-ci s’est déroulé au Burkina Faso et a porté sur 450 enfants âgés de 5 à 17 mois : un tiers des participants a reçu une faible dose du vaccin expérimental, le second une dose plus élevée, tandis que le dernier, ayant servi de groupe témoin, a reçu un composé antirabique.

L’ensemble des sujets ont été vaccinés entre début mai 2019 et début août 2019, soit avant le pic de la saison du paludisme. Au cours des 12 mois suivant son administration, le composé s’est révélé efficace à 77 % pour prévenir le paludisme dans le groupe ayant reçu la dose la plus élevée et à 71 % dans le groupe ayant reçu la dose la plus faible. Aucun événement indésirable grave n’a été signalé, et les sujets ont reçu une injection de rappel à l’issue de cette période.

Un essai de phase 3 en préparation

« Ce sont des résultats très intéressants qui montrent des niveaux d’efficacité sans précédent pour un vaccin ayant été bien toléré dans notre programme d’essai », a estimé Halidou Tinto, professeur de parasitologie et investigateur principal de l’essai. « Nous attendons avec impatience l’essai de phase III à venir pour démontrer des données de sécurité et d’efficacité à grande échelle pour un vaccin grandement nécessaire dans cette région du monde », a-t-il ajouté.

Les chercheurs et leurs partenaires recrutent actuellement pour un essai de phase 3 visant à tester l’innocuité et l’efficacité de leur vaccin expérimental auprès de 4 800 enfants âgés de 5 à 36 mois dans quatre pays africains.

« Le paludisme est l’une des principales causes de mortalité infantile en Afrique », a déclaré Charlemagne Ouédraogo, ministre de la Santé du Burkina Faso, dans le communiqué. « Ces données montrent que l’homologation d’un nouveau vaccin antipaludéen très utile pourrait bien intervenir dans les années à venir. Ce serait un nouvel outil extrêmement important pour contrôler cette maladie infectieuse et sauver de nombreuses vies. »

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