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Durant la Première Guerre mondiale, les oreillons posaient un véritable problème à l’armée américaine qui avait dénombré 230.356 cas. Lors de la Seconde Guerre mondiale, les oreillons et la rougeole représentaient même des menaces à la sécurité nationale pour le Bureau de la recherche scientifique et du développement de l’armée. Heureusement, grâce à un scientifique, un vaccin a pu être élaboré et commercialisé en un temps record ! Mais cela n’aurait pas pu être possible sans des travaux antérieurs menés par d’autres scientifiques sur la polio et la rougeole.

Le Dr Hilleman, créateur du vaccin anti-oreillons

L’histoire semblait commencer le 21 mars 1963, lorsqu’une petite fille de cinq ans, Jeryl Lynn, a réveillé son père, le Dr Maurice Hilleman, à 1h du matin, car elle se plaignait d’un mal de gorge. Hilleman, qui travaillait dans la société pharmaceutique Merck, a immédiatement songé à un cas d’oreillons, une maladie infantile inoffensive qui n’avait pas encore de traitement. A ce moment-là, le Dr Hilleman décida de renvoyer sa fille au lit mais, durant la nuit, une idée vint au médecin.

A l’époque, un autre laboratoire de recherche avait homologué un vaccin contre la rougeole basé sur une nouvelle technique de croissance de formes affaiblies d’un virus vivant dans des embryons de poulet. Il pensa ainsi qu’il pourrait peut-être faire la même chose pour les oreillons. Très rapidement, le Dr Hilleman s’est ainsi procuré des échantillons chez Merck pour ensuite procéder à des prélèvements sur sa fille en frottant sa gorge et en ramenant la culture vitale, surnommée la souche « Jeryl Lynn », au laboratoire, rapporte History.

Quatre ans plus tard, en 1967, le Dr Hilleman parvint à développer un vaccin contre les oreillons qui, même aujourd’hui, est toujours utilisé dans le cadre du vaccin combiné contre la rougeole, les oreillons et la rubéole (ROR) qui est administré aux nourrissons. Si, aux États-Unis, 186.000 enfants par an souffraient des oreillons dans les années 1960, aujourd’hui, il n’existe plus qu’environ 1.000 infections des oreillons par an.

Mais il faut savoir que ce n’est pas seulement pour les enfants que les oreillons étaient un véritable calvaire, même les adultes aussi en souffraient et le Dr Hilleman ne fut pas le premier scientifique à avoir élaboré un vaccin contre les oreillons.

Les hommes adultes aussi souffraient des oreillons

En effet, le problème des oreillons s’était posé bien avant les années 1960. Depuis la Première Guerre mondiale, les oreillons représentaient une véritable plaie pour l’armée américaine car, comme l’explique Elena Conis, historienne de la médecine et de la santé publique à l’Ecole supérieure de journalisme de l’UC Berkeley et auteure de Vaccine Nation : America’s Changing Relationship with Immunization, « les oreillons sont plus débilitants chez les hommes adultes qui souffrent souvent d’un gonflement douloureux des testicules ». 

Durant cette première guerre, l’armée américaine a compté 230.356 cas d’oreillons dans ses rangs. Lors de la Seconde Guerre mondiale, les oreillons – en plus de la rougeole – étaient même devenus un véritable problème de sécurité nationale.

Du côté des scientifiques, des chercheurs ont découvert en 1945 que le virus des oreillons pouvait être cultivé dans des œufs de poule, et plus précisément, des œufs « embryonnaires » qui avaient été fécondés. Karl Habel, de l’US Health Service, avait utilisé cette technique pour concevoir le tout premier vaccin expérimental contre les oreillons en 1946 qui avait montré une efficacité de 58 % contre le virus.

Le Dr Hilleman doit beaucoup à ses prédécesseurs

Cependant, après la Seconde Guerre mondiale, le vaccin contre les oreillons n’était plus devenu une priorité. Comme le raconte Conis, « dans les années 1940, le CDC n’avait pas identifié les oreillons chez les enfants comme une priorité absolue en matière de santé. Après la guerre, des maladies comme la pneumonie et la grippe étaient bien plus préoccupantes. Les parents n’aimaient pas que leurs enfants aient des oreillons mais c’était considéré comme une partie attendue de l’enfance. »

A la nécessité de trouver un vaccin contre les oreillons s’est substituée celle de trouver un vaccin contre la polio, ce que John Enders a fait. Ce chercheur a effectivement reçu un prix Nobel en 1954 pour son travail sur la culture du virus de la poliomyélite ayant conduit à un vaccin qui l’élimine. Et comme le raconte Conis, « c’est le développement du vaccin antipoliomyélitique dans les années 1950 qui fait progresser les techniques qui rendent possible le développement du vaccin contre la rougeole puis les oreillons dans les années 1960. Et Hilleman n’aurait jamais pu développer le vaccin contre les oreillons si Enders n’avait pas mis au point les techniques de culture qu’il a appliquées. »

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