Après plus d’une décennie de recherche, ce vaccin prometteur offrant une protection durable contre plusieurs souches de grippe, le tout en une seule injection, entre dans son ultime phase d’essais cliniques.

Des résultats « très prometteurs »

Jusqu’à présent, les chercheurs du laboratoire pharmaceutique SEEK qualifient les résultats obtenus grâce au vaccin FLU-V, qui a passé avec succès les essais cliniques de phase I et II, de « très prometteurs ». Bien que ce type d’essais évaluent la sécurité du vaccin, il existe également des preuves de son efficacité : lors de la dernière série d’essais randomisés, les chercheurs ont en effet constaté qu’il favorisait la réponse des anticorps et l’adaptation du système immunitaire chez 175 sujets adultes en bonne santé.

« Le message à retenir est que le vaccin induit des réponses cellulaires et des anticorps pouvant encore être détectés six mois après la vaccination », explique Olgua Pleguezuelos, auteure principale de cette nouvelle étude publiée dans les Annals of Internal Medicine. Une résistance aussi durable s’avère inestimable étant donné la rapidité avec laquelle le virus de la grippe peut se transformer : à l’heure actuelle, les chercheurs doivent en effet prévoir les souches à venir lorsqu’ils mettent au point des vaccins, mais ceux-ci se révèlent inefficaces si le virus mute en milieu de saison ou si une souche inattendue apparaît soudainement.

Par le passé, les chercheurs espéraient découvrir un « super anticorps », capable d’empêcher n’importe quelle souche grippale d’infecter les cellules mais, par manque d’avancées, cette approche avait finalement été mise de côté. Ces dernières années, les scientifiques se sont concentrés sur le virus lui-même, en essayant d’identifier les parties de celui-ci restant les mêmes, quelle que soit la souche.

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« Il a fallu des années pour que la communauté scientifique reconnaisse la validité de l’approche des cellules T »

Pour mettre au point le vaccin FLU-V, l’équipe d’Olgua Pleguezuelos s’est appuyée sur un algorithme informatique qui lui a permis d’identifier les régions des protéines du virus de la grippe ne changeant pas au fil du temps. « FLU-V contient 4 composants différents s’avérant efficaces contre quatre régions du virus, si l’une d’entre elles évolue, 3 composants resteront toujours efficaces », précise la chercheuse.

Ce vaccin fonctionne en activant les cellules T, qui vont détecter une région spécifique du virus de la grippe, déclenchant ainsi une chaîne d’évènements au sein du système immunitaire permettant de stopper et de détruire l’infection. « Il a fallu des années pour que la communauté scientifique reconnaisse la validité de l’approche des cellules T », estime Pleguezuelos. « La pandémie de 2009-2010 a montré que les personnes ayant été exposées à la nouvelle souche de la grippe H1N1 sans la contracter étaient celles qui avaient des réponses préexistantes des cellules T à des régions du virus », ajoute-t-elle.

Les auteurs de l’étude attendent désormais le financement nécessaire pour pouvoir démarrer la troisième phase des essais cliniques, consistant à s’assurer que le vaccin est sûr et se révèle efficace contre la grippe auprès d’un échantillon beaucoup plus important. Si tout se passe bien, FLU-V pourrait être commercialisé d’ici 2025.

Les données issues de modèles animaux montrent que les lymphocytes T peuvent offrir de multiples possibilités de protection contre le virus de la grippe. Certains chercheurs estiment par ailleurs que cette approche permettrait de surmonter les limites des vaccins actuels, qui reposent sur des anticorps de portée assez limitée.

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