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Des émissions de rayons X en provenance de la géante glacée, située à près de 3 milliard de kilomètres du Soleil, ont récemment été identifiées. Selon les astronomes, deux théories pourraient permettre d’expliquer un tel phénomène.

Une observation inédite pour la géante glacée

Uranus est froide, venteuse et presque entièrement constituée de glace et de gaz. Mais en dépit de sa taille massive (avec un diamètre environ quatre fois supérieur à celui de la Terre), celle-ci n’a jamais pu être examinée de façon approfondie. Jusqu’à présent, seule la sonde spatiale de la NASA Voyager 2 a effectué le périlleux voyage vers la planète, ce qui oblige les scientifiques à s’appuyer principalement sur les observations des télescopes pour l’étudier.

Dans le cadre de travaux récemment publiés dans la revue JGR Space Physics, des astronomes se sont penchés sur les données collectées par le télescope spatial Chandra, sondant l’Univers à la recherche de sources de rayons X.

Les rayons X sont émis lorsque la matière est chauffée à des millions de degrés, comme lors de l’explosion d’étoiles ou lorsque la matière tourbillonne autour du bord d’un trou noir à une vitesse proche de celle de la lumière. Jusqu’à récemment, des émissions de rayons X avaient été détectées sur l’ensemble des planètes du Système solaire, à l’exception d’Uranus et de Neptune. Dans la plupart des cas, celles-ci se produisent lorsque les rayons X créés par le Soleil heurtent les atomes qui constituent l’atmosphère d’une planète, dispersant la lumière dans l’espace.

Des recherches publiées en décembre dernier ont suggéré que plusieurs des lunes d’Uranus pourraient abriter de vastes océans souterrains — NASA images / Shutterstock.com

Pour cette nouvelle étude, les chercheurs ont spécifiquement examiné les données relatives à Uranus enregistrées par Chandra en 2002 et 2017, qui leur ont permis de mettre en évidence des preuves claires d’émissions de rayons X au cours de ces deux années. Si plusieurs de ces évènements présentaient une luminosité compatible avec le phénomène de diffusion solaire décrit plus haut, l’équipe a également détecté une probable « éruption de rayons X » en 2017, caractérisée par une luminosité croissante autour de la planète sur une période de 24 heures.

Deux théories envisagées

Bien que des observations supplémentaires d’Uranus soient indispensables pour résoudre ce mystère, deux théories sont actuellement envisagées pour expliquer de telles émanations. La première implique les fins anneaux de poussière entourant la planète, qui généraient leur propre rayonnement par un processus inconnu, et la seconde la nature massive de la planète, qui serait à même de disperser les rayons X émis par le Soleil.

L’environnement d’Uranus étant riche en particules chargées telles que des protons et des électrons, les chercheurs estiment en effet que celles-ci pourraient entrer en collision avec les anneaux de la planète, produisant ainsi des rayons X (sachant qu’un phénomène similaire avait été précédemment observé pour les anneaux de Saturne).

Il est également possible que ces radiations soient le résultat d’une sorte de processus auroral, dans lequel des particules chargées provenant du Soleil entrent en collision avec les lignes du champ magnétique de la géante glacée, produisant une lueur distincte.

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