
L’analyse d’un minuscule os fossilisé a conduit à la description d’une nouvelle espèce de dinosaure herbivore massif, qui évoluait dans ce qui est aujourd’hui le nord-est de la Thaïlande à la toute fin du Jurassique.
Uragasaurus kalasinensis
Exhumé de la formation de Phu Krading, ce témoignage préhistorique remonte à environ 143 millions d’années, lorsque la région se composait de vastes plaines inondables, parcourue de nombreux cours d’eau et ponctuée de lacs. Un examen approfondi a révélé qu’il s’agissait d’une vertèbre dorsale antérieure, présentant un ensemble de caractéristiques inhabituelles.
Évoquant notamment une configuration unique en forme de Y, Apirut Nilpanapan, de l’université de Mahasarakham, et ses collègues ont procédé à une série de comparaisons minutieuses qui ont permis d’établir que le fossile appartenait à une espèce de sauropode nouvelle pour la science, qui aurait mesuré une vingtaine de mètres de long.
Comptant de leurs rangs des créatures iconiques telles que le diplodocus, ces dinosaures quadrupèdes et herbivores se distinguaient par leurs pattes extrêmement massives, leur cou allongé et leur queue agissant comme contrepoids.
L’étude place la nouvelle espèce, baptisée Uragasaurus kalasinensis (que l’on pourrait traduire par « serpent de la province de Kalasin »), dans le groupe des mamenchisauridés, qui possédaient une encolure disproportionnée. « Le cou du Mamenchisaurus sinocanadorum pouvait dépasser 15 mètres, soit la moitié de la longueur totale de l’animal », écrivent les chercheurs.

Cou multi-fonctions
S’il est évident qu’une telle morphologie facilitait l’alimentation des sauropodes, en leur permettant d’atteindre une végétation hors de portée de la plupart de leurs contemporains, la longueur anormale du cou des mamenchisauridés aurait également pu les aider à attirer des partenaires, ou avoir joué un rôle clé dans les joutes inter-mâles, comme chez les girafes.
Alors que l’on considérait autrefois ce groupe de dinosaures comme typiquement est-asiatique, en raison notamment de la forte concentration de leurs fossiles en Chine, ces dernières années, notre compréhension de ces géants préhistoriques a évolué.
La découverte de restes de Wamweracaudia en Tanzanie et d’autres mamenchisauridés en Sibérie a montré qu’ils prospéraient en Afrique de l’Est et dans ce qui est aujourd’hui le nord de l’Eurasie. Décrite dans la revue Scientific Reports, la nouvelle espèce étend essentiellement leur aire de répartition à l’Asie du Sud-Est.
Précédemment, des paléontologues chinois avaient décrit une nouvelle espèce de dinosaure sauropode.
Par Yann Contegat, le
Source: IFL Science
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