trilobite-fossile
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De nouvelles analyses suggèrent que les structures en forme de trident surmontant la gueule des mâles de certaines espèces de trilobites étaient utilisées comme armes, dans le cadre de joutes visant à s’attirer les faveurs des femelles.

Joutes dévoniennes

Il avait été précédemment suggéré que le long appendice à trois pointes des mâles Walliserops, espèce de trilobite qui existait il y a environ 400 millions d’années, leur permettait de repousser les nautiles préhistoriques, avides de ces invertébrés. Détaillé dans la revue PNAS, l’examen d’un spécimen en présentant quatre suggère toutefois une fonction bien différente.

Alan Gishlick, de l’université de Bloomsburg, et son collègue Richard Fortey, du Muséum d’histoire naturelle de Londres, ont expliqué avoir été initialement intrigués par la taille de cette structure anatomique. Comparable à celle d’autres Walliserops adultes, celle-ci indiquait que la créature avait atteint sa maturité sexuelle, remettant en question l’idée que cet attribut pouvant mesurer jusqu’à 25 millimètres de long était utilisé principalement pour se protéger des prédateurs ou se nourrir.

« Tout ce qui nous permet de mieux comprendre la vie passée et de tester nos hypothèses de la manière la plus rigoureuse possible est crucial pour comprendre l’évolution des caractéristiques morphologiques et des fonctions associées », explique Gishlick.

« Les animaux sauvages dont les mécanismes d’alimentation ou de défense présentent de graves difformités ne survivent généralement pas jusqu’à l’âge adulte », poursuit le chercheur. « Les structures de sélection sexuelle malformées n’ont pas réellement d’impact sur la longévité, étant donné qu’elles n’affectent que la capacité à se reproduire. »

Des similitudes frappantes

Si le sexe des trilobites fossiles est difficile à discerner, les similitudes entre Walliserops et les scarabées rhinocéros japonais (Trypoxylus dichotomus) renforcent l’idée qu’il s’agissaient de mâles, qui utilisaient leurs appendices en forme de trident dans le cadre de joutes « sexuelles ».

« Les cornes de ces coléoptères, utilisées pour défaire leurs rivaux, présentent souvent des variations ou des anomalies structurelles », explique Gishlick. « Nous observons également ce phénomène chez les cerfs et les moutons sauvages, dont les bois et cornes servent davantage aux confrontations intraspécifiques qu’à repousser les prédateurs. »

« Il est étonnant de constater que des comportements aussi complexes soient apparus aussi tôt au cours de l’évolution et aient perduré jusqu’à nos jours », conclut Jean Vannier, chercheur à l’université Claude Bernard n’ayant pas participé à l’étude.

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