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L’étude d’un site funéraire néolithique massif révèle une gestion durable des forêts il y a 5 600 ans

Elle remet en question l’idée que la construction de ces structures ait systématiquement impliqué un déboisement à grande échelle

Relevé laser aérien montrant les cinq tumulus — © Żurkiewicz et al. / Journal of Archaeological Science 2026

Des chercheurs polonais se sont récemment penchés sur l’un des sites funéraires néolithiques les plus spectaculaires d’Europe, avec des analyses indiquant une gestion durable des terres forestières il y a près de six millénaires.

Le cimetière néolithique de Sobota

Le cimetière néolithique de Sobota, se trouve près de la ville de Poznań, en Pologne occidentale. En 2018, l’utilisation de la technologie Lidar (ou télédétection par laser) aéroportée avait révélé cinq tumulus funéraires monumentaux, mesurant jusqu’à 145 mètres de long.

Les datations et l’étude de leur structure, mêlant pierres et terre, ont permis de les attribuer à la culture des « vases à entonnoir ». Ayant prospéré dans une bonne partie de l’Europe centrale et septentrionale entre 3800 et 2700 avant notre ère, elle était réputée pour son artisanat (notamment ses céramiques) et ses mégalithes funéraires.

Afin de préciser l’impact de ces communautés préhistoriques sur leur environnement, une équipe de l’université Adam Mickiewicz a combiné données archéologiques et analyses paléoécologiques à haute résolution. Des carottes sédimentaires prélevées dans une tourbière voisine ont notamment révélé des traces de pollen végétal et de charbon de bois, éclairant la chronologie de l’exploitation des ressources naturelles de la région.

Les concentrations identifiées suggèrent une rotation des cultures, le faible recours aux brûlis pour le défrichage, et une exploitation forestière sélective, centrée sur l’abattage de jeunes arbres et arbustes. « Le maintien de la forêt primitive, avec une canopée éclaircie permettant à davantage de lumière d’atteindre les arbres matures, s’est traduit au fil des siècles par une augmentation substantielle de leur production de pollen », écrit l’équipe.

— givaga / Shutterstock.com

Un modèle « essentiellement durable »

Les échantillons de sol prélevés à proximité du cimetière de Sobota présentaient également des traces de spores et d’excréments animaux, suggérant de vastes zones de pâture autour de ses structures monumentales.

Dans l’ensemble, ces analyses détaillées dans le Journal of Archaeological Science indiquent une gestion « essentiellement durable » de l’écosystème forestier, remettant en question l’idée que la construction des monuments mégalithiques ait systématiquement impliqué un déboisement à grande échelle.

Les activités humaines n’ont toutefois pas été sans conséquences pour la région, avec une érosion des sols accélérée par l’agriculture, qui a lentement transformé le petit lac proche du site funéraire en tourbière.

Précédemment, des archéologues tchèques avaient découvert le plus long tumulus préhistorique d’Europe, également attribué à la culture des vases à entonnoir.

Par Yann Contegat, le

Source: Heritage Daily

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