© Ya’akov Billig / Science Direct

Souvent, les recherches antiques aboutissent à des découvertes intéressantes et enrichissantes, notamment des tombeaux, des objets d’art, des reliques ou même un château entier. Mais ce qui a été découvert dans le sud de Jérusalem a été bouleversant. En effet, des toilettes datées de 2 700 ans ont été trouvées dans un ancien domaine royal et montraient encore des traces d’épidémies infectieuses des bactéries. L’analyse suggère que les anciens habitants de Jérusalem souffraient de vers intestinaux.

De dangereux parasites

Des toilettes anciennes ont révélé l’existence de dangereux parasites dont souffrait l’élite de Jérusalem. Les résultats de cette étude ont été publiés dans la revue Journal of Paleopathology. Actuellement, l’installation de latrines et de toilettes est considérée comme une question de sécurité sanitaire. Mais à l’époque, ce n’était pas vraiment le cas. D’après les archéologues, il se peut que les anciennes élites de Jérusalem considéraient l’idée de toilettes comme une question de commodité et non une tentative d’amélioration d’hygiène. Ils la percevaient comme étant un symbole de richesse, un privilège que seuls les riches pouvaient se permettre.

Les toilettes en calcaire de Jérusalem sont l’une des rares toilettes qui ont été découvertes. Elles ont été découvertes en 2019 cachées dans un jardin bien entretenu à côté des vestiges d’un grand manoir rempli d’objets coûteux. D’après les chercheurs, elles appartenaient probablement à une personne de statut social élevé. Le trou au centre du bloc de pierre montre qu’il s’agit de toilettes basiques, avec seulement un réservoir pour recueillir les excréments.

Les élites de l’époque n’échappaient pas aux maladies liées aux mauvaises conditions d’hygiène  

Les archéologues ont conclu que le siège des toilettes était autrefois entouré de murs de pierre et pouvait avoir un toit. Bien que le pollen en suspension dans l’air des arbres fruitiers et des pins puisse indiquer des fenêtres ou l’absence de toit, il est également possible que des plantes étaient utilisées comme désodorisant. Cependant, la présence de parasites permet de conclure que les conditions d’hygiène à cette époque étaient mauvaises.

En effet, d’après l’analyse minutieuse du siège des toilettes en calcaire, les archéologues ont trouvé d’anciens sédiments contenant des œufs de quatre types différents de vers intestinaux. Les œufs d’Ascaris lumbricoides et de trichures (Trichuris trichiura) sont les plus abondants à cet endroit. Ce sont des parasites intestinaux qui peuvent infecter les humains et provoquent une malnutrition et un retard de croissance dans les cas les plus graves.

Ils ont tendance à se propager lorsque des excréments humains contenant des parasites ou leurs œufs sont ingérés accidentellement. Une fois dans l’intestin, ces parasites peuvent produire des milliers d’œufs par jour chez l’hôte humain. Et sans médicament, il est très difficile d’éradiquer ces infections de la population, surtout s’il n’y a pas de système d’élimination des excréments propre ou d’installation de lavage des mains. Les scientifiques ont également découvert des ténias, des parasites qui entrent directement dans le système humain par l’intermédiaire de la viande de bœuf, ainsi que des oxyures, des parasites qui se propagent par un contamination excrémentielle des mains.

D’après les études des anciennes toilettes en calcaire de Jérusalem, quatre parasites infectieux de vers intestinaux ont été trouvés sous le siège des toilettes et les scientifiques affirment que les toilettes de cette époque étaient d’une hygiène très douteuse.

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