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Le réseau social chinois TikTok, prisé des très jeunes (38,09 % des utilisateurs sont âgés de 13 à 17 ans), se retrouve visé par une plainte du Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC). Dans le viseur des plaignants : le manque de protection dont fait preuve la marque envers ses utilisateurs, en particulier les plus jeunes. 

Des pratiques jugées “détestables”

Dans un communiqué, l’UFC-Que Choisir a annoncé se joindre au BEUC dans sa plainte auprès de la Commission européenne contre TikTok. L’association française de protection des consommateurs qualifie les pratiques du réseau social de “détestables”, en particulier celles concernant le système de monnaie virtuelle de l’application, qui permet aux utilisateurs d’acheter des “pièces” afin d’envoyer des cadeaux virtuels aux créateurs de contenus vidéo. “Tout cela est présenté de manière très ludique, si bien que vous allez envoyer de l’argent sans vraiment vous en rendre compte, en particulier si vous êtes mineur”, explique Laurie Liddell, juriste spécialisée dans les nouvelles technologies à l’UFC-Que Choisir, à 20 Minutes.

Les associations attaquent également le réseau social pour son manque de protection envers les adolescents contre la publicité cachée. “Les marques se servent bien souvent des influenceurs pour lancer par exemple des concours de hashtags, et masquer ainsi leur véritable intention marketing”, déplore l’UFC-Que Choisir, qui a alerté la Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes (DGCCRF), et l’invite à enquêter sur les pratiques du réseau social. 

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Un réseau social contesté au succès fulgurant

L’association reproche également à TikTok de surexploiter les données des utilisateurs, et ce, “contrairement aux obligations des RGPD”, le règlement général sur la protection des données, règlement de l’Union européenne établissant des règles de protection des données. L’association poursuit en affirmant que “TikTok se donne le droit de faire ce qu’il veut des vidéos : les utiliser, les modifier, les reproduire sans que les utilisateurs n’aient leur mot à dire”.

Dès son lancement en 2016, le réseau social, propriété du groupe chinois ByteDance, a fait l’objet de vives controverses. Aux États-Unis, des sénateurs se sont inquiétés du fait que le réseau social soit contraint “de coopérer avec les services de renseignement du Parti communiste chinois”, et il a été condamné à une lourde amende pour avoir collecté des données personnelles de personnes mineures de façon illégale. En Italie, le réseau social avait été bloqué aux utilisateurs de moins de 13 ans après le décès d’une enfant de 10 ans qui participait au jeu du foulard sur TikTok.

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