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Ces nouvelles recherches montrent que le climat futur du Texas sera caractérisé par des étés plus secs et une diminution globale de l’approvisionnement en eau pour une grande partie de l’État d’ici la fin du 21e siècle. Ce qui se traduira probablement par les conditions les plus arides qu’il ait enregistrées depuis un millénaire.

Des sécheresses extrêmes et récurrentes d’ici 2100

Dans le cadre de ces travaux récemment présentés dans la revue Earth’s Future, des chercheurs américains se sont appuyés sur les modèles climatiques les plus avancés afin d’estimer l’ampleur des vagues de sécheresse qui frapperont le Texas au cours des prochaines décennies, et de fournir des informations pertinentes aux différents secteurs qui se retrouveront les plus impactés (production agricole, gestion de l’eau…). Ce qui les a menés à un constat implacable : le Texas devient de plus en plus chaud et sec, et des actions immédiates sont indispensables.

Les données ont montré que le Texas était beaucoup plus humide il y a 10 à 15 000 ans, au sortir de la dernière période glaciaire. Depuis, le climat s’est globalement révélé similaire à celui que l’État connait actuellement, à l’exception de quelques périodes plus humides et plus sèches, avec notamment des sécheresses extrêmes (appelées « méga-sécheresses ») s’étant étalées sur quelques décennies au cours du dernier millénaire. Et selon les auteurs de l’étude, il s’agit vraisemblablement du scénario que devrait connaître le Texas d’ici la fin du siècle.

« Notre étude montre que les conditions plus sèches attendues dans la seconde moitié du 21e siècle pourraient être plus sèches encore que n’importe laquelle des méga-sécheresses antérieures », a déclaré John Nielsen-Gammon, professeur à l’université du Texas ayant supervisé ces recherches, ajoutant que les plans de conservation de l’eau actuels étaient « largement insuffisants ».

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L’impact du changement climatique largement sous-estimé par les plans actuels

En effet, bien que la sécheresse ayant frappé l’État durant les années 1950 soit toujours considérée comme la plus grave qu’ait connue le Texas au cours des 125 dernières années, il s’avère que les plans actuels ne tiennent pas compte de la diminution probable de l’approvisionnement en eau induite par le changement climatique au cours des prochaines décennies.

« Le plan de l’État ne tient pas explicitement compte du changement climatique pour déterminer comment l’approvisionnement et la demande en eau vont évoluer », ont estimé les auteurs de l’étude. « Comme le souligne notre document, il est difficile de chiffrer l’un ou l’autre de ces changements, et il ne s’agit pas simplement d’estimer l’évolution des niveaux de précipitations. Lier l’approvisionnement futur en eau aux critères établis par la sécheresse record est un choix défendable, mais les décideurs politiques doivent être conscients que les chances de dépasser la sécheresse record augmentent d’année en année. »

Toujours selon le rapport, certaines parties du Texas seront probablement plus touchées par la sécheresse, en particulier l’ouest de l’État, particulièrement sujet à la sécheresse, voire à des conditions de méga-sécheresse.

« Il est très probable que le Texas continuera à devenir toujours plus chaud et sec »

« L’ouest du Texas semble le plus susceptible d’être impacté par la diminution des précipitations et la hausse des températures », a estimé Nielsen-Gammon. « Même si les précipitations ont augmenté d’environ 10 % dans tout l’État au cours du siècle dernier, le Texas occidental n’a connu qu’une augmentation minime, voire nulle. L’ouest du Texas est déjà en train de planifier ce qui se passera lorsqu’un ou plusieurs aquifères critiques seront épuisés. Le changement climatique va accélérer un peu plus cette diminution, bien que le déclin de l’aquifère d’Ogallala soit principalement dû à l’extraction d’eau pour l’irrigation. »

« Il est très probable que le Texas continuera à devenir toujours plus chaud et sec, car tout changement à long terme dans les précipitations sera éclipsé par la quantité d’évaporation supplémentaire qui épuisera les réserves d’eau. Mais les sécheresses étant par définition temporaires, il serait peu pertinent de penser l’avenir comme un état de sécheresse permanent », a ajouté Nielsen-Gammon. « Il s’agit vraiment d’un changement de climat, avec les conditions normalement sèches de l’ouest du Texas migrant lentement vers l’est de l’État. »

Si l’impact des sécheresses futures dépendra également de facteurs locaux, les chercheurs estiment qu’un certain nombre de questions doivent encore être élucidées. « Il s’agira notamment de savoir si la période de l’année où les précipitations augmentent ou diminuent a de l’importance. Quelle est la quantité d’eau disponible ? La question la plus importante est-elle la quantité d’eau ou la santé des cultures et de la végétation ? Est-il plus important d’avoir du ruissellement ou de faire en sorte que les pluies s’infiltrent dans le sol ? »

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