Conduire en ayant son portable à la main peut, depuis vendredi 22 mai 2020, occasionner une suspension du permis si le conducteur commet une autre infraction tout en utilisant son téléphone. Une suspension qui peut aller jusqu’à 6 mois.

Un cumul des sanctions et une suspension du permis de conduire

Après la publication du décret 2020-605 ce vendredi 22 mai, et faisant suite à un projet de 2018, tout conducteur surpris en train de commettre une infraction au code de la route alors qu’il tenait son téléphone se verra immédiatement retirer son permis de conduire. Cette rétention est valable 72 heures, temps pendant lequel le préfet peut émettre un arrêté de suspension du permis de conduire d’une durée d’un à six mois. À cette suspension viendront s’ajouter l’amende et le retrait de points caractérisant la ou les infractions commises.

Pour rappel, le seul usage du téléphone au volant est puni d’une amende de 135 euros ainsi que d’un retrait de trois points sur le permis de conduire. La suspension du permis se fera donc pour les automobilistes pris en flagrant délit d’excès de vitesse, de non-respect d’un passage piéton, d’un feu de signalisation ou d’une priorité, de franchissement de ligne continue, d’oubli de clignotant, de non-respect des distances de sécurité…

— Andrey_Popov / Shutterstock.com

70 % des conducteurs utilisent leur téléphone au volant

En 2019, AXA Prévention avait rendu public son baromètre sur les comportements des Français sur la route. Et les résultats étaient plus qu’inquiétants. En 15 ans, les Français étaient deux fois plus nombreux à téléphoner au volant et sont désormais 70 % à utiliser un smartphone, que ce soit pour envoyer un SMS ou consulter le GPS.

Pourtant, selon la Sécurité routière, téléphoner en conduisant multiplie par 3 le risque d’accident, tandis que lire un message le multiplie par 23. De plus, le smartphone est le seul dispositif qui cumule les quatre sources de distraction pouvant détourner l’attention d’un conducteur : « La distraction visuelle (le conducteur quitte la route des yeux) ; la distraction cognitive (le conducteur se concentre sur la conversation ou sur ce qu’il lit plutôt que sur la route et la conduite) ; la distraction auditive (le conducteur n’est plus attentif aux bruits extérieurs qui peuvent le prévenir d’un éventuel danger) ; la distraction physique (le conducteur ne tient plus son volant à deux mains lorsqu’il compose un numéro, envoie un message ou tient son téléphone en main). »

Ce qui change également

Autres nouveautés : l’allongement de six mois à un an de la durée maximale d’obligation de ne conduire qu’un véhicule équipé d’un éthylotest antidémarrage (EAD) lorsque cette mesure est prononcée comme alternative à la suspension du permis de conduire.

De même, l’obligation de détenir un éthylotest dans sa voiture est désormais supprimée. En revanche, ce décret étend l’obligation de vendre des éthylotests à tous les débits de boissons, sous peine d’une amende de 135 €.

Le décret promeut également un accès facilité à la conduite supervisée et une meilleure protection des inspecteurs et examinateurs du permis de conduire.

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