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Ce mystérieux syndrome post-Covid touchant les enfants entraîne de graves lésions cardiaques

11 enfants en sont morts

— Monkey Business Images / Shutterstock.com

Découverte début 2020, cette nouvelle maladie mystérieuse, connue sous le nom de syndrome inflammatoire multisystémique de l’enfant (MIS-C) et pouvant entraîner d’importantes complications, a été diagnostiquée chez des centaines de sujets à travers le monde.

Également connu sous le nom de syndrome inflammatoire multisystémique pédiatrique, le MIS-C est vraisemblablement lié au Covid-19 et engendre de graves anomalies cardiaques chez certains enfants, qui auront besoin d’une surveillance et d’intervention tout au long de leur vie, comme le révèlent ces nouveaux travaux menés par une équipe de chercheurs de l’université du Texas à San Antonio, récemment publiés dans la revue EClinicalMedicine.

« Ces études de cas révèlent également que le MIS-C peut frapper subitement des enfants apparemment en bonne santé trois à quatre semaines après des infections asymptomatiques », note Alvaro Moreira, auteur principal de l’étude. « Les rapports ont montré que les enfants n’avaient pas besoin de présenter les symptômes touchant habituellement les voies respiratoires supérieures dans le cadre d’une infection au Covid-19 pour développer le MIS-C, se traduisant par une inflammation excessive, ce qui est effrayant », poursuit le chercheur.

Des résultats particulièrement inquiétants

L’équipe a examiné 662 cas de MIS-C signalés dans le monde entier entre le 1er janvier et le 25 juillet. Parmi les résultats :

  • La durée moyenne du séjour à l’hôpital était de 7,9 jours
  • 71 % des enfants ont été admis dans des unités de soins intensifs (USI)
  • 60 % d’entre eux étaient en état de choc
  • 100 % avaient de la fièvre, 73,7 % souffraient de douleurs abdominales ou de diarrhée et 68,3 % de vomissements
  • 90 % ont subi un test d’échocardiographie (ECG) et 54 % des résultats étaient anormaux
  • 22,2 % des enfants ont eu besoin d’être placés sous respirateur artificiel
  • 4,4 % ont eu besoin d’une oxygénation extracorporelle par membrane (ECMO)
  • 11 enfants sont morts

« Il s’agit d’une nouvelle maladie infantile que l’on pense associée au SARS-CoV-2 », avance Moreira. « Elle peut être mortelle car elle affecte plusieurs organes. Que ce soit le cœur et les poumons, le système gastro-intestinal ou le système neurologique, elle possède tellement de visages différents qu’il était au départ difficile pour les cliniciens de la comprendre. »

Selon l’équipe, l’importance de l’inflammation engendrée par le MIS-C dépasse celle de la maladie de Kawasaki et du syndrome de choc toxique, deux affections pédiatriques similaires. Mais il s’avère que les immunoglobulines et glucocorticoïdes, traitements couramment utilisés pour traiter la maladie de Kawasaki, se montrent efficaces pour traiter le MIS-C.

sfam_photo / Shutterstock.com

De graves anomalies cardiaques

La plupart des 662 enfants souffraient d’atteintes cardiaques, comme l’ont révélé des marqueurs tels que la troponine, utilisée pour diagnostiquer les crises cardiaques chez les sujets adultes. Au total, près de 90 % des enfants ont subi un échocardiogramme. Les dommages détectés comprenaient :

  • Une dilatation des vaisseaux sanguins coronaires, un phénomène également observé dans la maladie de Kawasaki
  • Une diminution de la fraction d’éjection, indiquant une capacité réduite du cœur à pomper le sang oxygéné vers les tissus du corps
  • Un anévrisme d’un vaisseau coronaire chez près de 10 % des enfants

« Il s’agit d’un étirement ou d’un gonflement localisé du vaisseau sanguin qui peut être mesuré par une échographie du cœur », expliquent les auteurs de l’étude. « Les enfants atteints d’un anévrisme sont les plus exposés à des problèmes futurs, et auront besoin d’un suivi étroit afin de savoir si leur condition s’améliore ou s’ils devront vivre avec pour le reste de leur vie. »

« Pour les parents d’un enfant auparavant en bonne santé, découvrir que celui-ci fait partie du très faible pourcentage de personnes qui ont développé un MIS-C après une infection par le Covid-19 est désastreux », souligne Moreira.

Le surpoids comme facteur aggravant

Les études de cas menées ont également révélé que près de la moitié des patients atteints de MIS-C présentaient des problèmes médicaux sous-jacents, et qu’environ 50 % d’entre eux étaient obèses ou en surpoids. « En général, tant chez les adultes que chez les enfants, nous constatons que les patients obèses ont un pronostic moins favorable », notent les chercheurs.

Les marqueurs inflammatoires du MIS-C se révélaient largement plus élevés que durant l’infection initiale par le Covid-19. Avec notamment des niveaux de troponine 50 fois plus élevés que la normale chez les enfants touchés par ce syndrome.

« Ces travaux suggèrent que les enfants atteints de MIS-C présentent une forte inflammation et des lésions tissulaires potentielles au niveau du cœur. C’est pourquoi nous devrons suivre étroitement ces patients afin de comprendre les implications que cela pourrait avoir sur leur santé à long terme », concluent les chercheurs.

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