Viols, mariages forcés… plus d’un tiers des femmes qui se suicident dans le monde sont Indiennes

Deuxième pays le plus peuplé du monde, l’Inde est également le détenteur d’un triste  record : celui du taux de suicides des femmes. 37 % des femmes qui se suicident dans le monde sont indiennes, un chiffre d’autant plus étonnant que les femmes indiennes ne représentent que 18 % de la population féminine mondiale. Une différence trop importante entre les ambitions réelles des femmes et les attentes de la société est mise en cause.

 

Une ambivalence choquante

Le constat est alarmant. Alors que les femmes indiennes ne représentent que 18 % de la population, elles représentent 37 % des suicides féminins dans le monde. Cette étude parue dans le mensuel Lancet Public Health souligne que le suicide est ainsi la première cause de mortalité des femmes indiennes entre 15 et 29 ans, et qu’il est responsable d’environ 26 à 33 décès pour un échantillon de 100 000 femmes. L’Inde possède ainsi le taux de suicide le plus élevé des jeunes femmes par rapport aux pays connaissant des critères socio-démographiques similaires.

Le suicide est la première cause de décès en Inde, dépassant même les chiffres du Sida qui a pourtant fait 62 000 victimes en 2016 dans le pays .

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Un système de castes et de mariages forcés qui fait des victimes ?

Pour Rakhi Dandona, professeure à l’Université de Washington et à la Public Health Foundation of India, la situation est due à un décalage profond entre les aspirations des femmes et la rigidité de leur environnement social. Dans le pays, les voix des femmes, dorénavant plus éduquées, se sont faites entendre et une baisse des mariages forcés a été récemment constatée. Malgré tout, ces mariages subsistent (en Inde, près d’une femme sur 5 est mariée avant l’âge de 15 ans) et les femmes souffrent d’un statut social bas, de violences conjugales, de grossesses précoces ainsi que de dépendance financière. Plusieurs experts soupçonnent ce décalage nouveau pour le pays d’être la cause d’un profond désespoir féminin.

Les régions du Sud de l’Inde sont particulièrement marquées par ce taux de suicide élevé, alors même que le développement social et technique de la région s’est considérablement accéléré ces dernières années. À l’inverse, les régions les plus traditionnelles et les plus rurales sont relativement épargnées par ce phénomène, « probablement parce que ces femmes n’ont pas idée qu’elles pourraient avoir une vie meilleure », souligne Rakhi Dandona.

Face à cette urgence, une approche de santé publique à la prevention du suicide a pris de l’ampleur en Inde. Des mesures ont déjà été prises par le gouvernement pour décriminaliser les suicides dans la loi sur la santé mentale qui date de 2017. Les chercheurs rappellent massivement, que ce taux de suicide anormalement élevé des femmes en Inde doit interpeler et être au centre des préoccupations.

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