
Des plongées au large des côtes bretonnes ont révélé les vestiges de plusieurs structures massives, que nos ancêtres auraient érigées il y a environ sept millénaires, lorsque le niveau de la mer était bien moindre.
Sous l’océan
Géologue français à la retraite, Yves Fouquet avait remarqué une étrange ligne d’environ 120 mètres de long semblant barrer une vallée sous-marine, alors qu’il examinait des cartographies laser des fonds océaniques entourant l’île de Sein. Entre 2022 et 2024, plusieurs plongées ont permis de confirmer la présence de cette structure, baptisée TAF1, et d’une dizaine d’autres.
Selon les auteurs de la nouvelle étude, publiée dans l’International Journal of Nautical Archaeology, leur présence n’avait aucun sens d’un point de vue géologique. La découverte la plus remarquable se résumait à de nombreux monolithes et dalles verticales érigés au sommet de TAF1 et TAF2A, formant par ailleurs dans certaines zones deux lignes parallèles espacées d’environ 1,5 mètre.
La structure granitique principale daterait de 5 800 à 5 300 avant notre ère, correspondant à la transition entre le Mésolithique et le Néolithique, ce qui en ferait potentiellement l’une des plus anciennes structures mégalithiques connues. À cette époque, le niveau de la mer était nettement plus bas, impliquant qu’elle se trouvait probablement sous l’eau uniquement à marée haute.
The structure consists of some 60 massive granite monoliths, set directly onto bedrock. Smaller slabs and packing stones fill in the gaps. With an estimated total mass of around 3,300 tons, this is the largest underwater structure ever discovered in France https://t.co/3EyOG4hLel
— Douglas MacDonald (@dmac5dmark2) January 6, 2026
Piège à poissons géant ?
À ce stade, l’équipe suppose qu’il aurait pu s’agir d’un ouvrage visant à protéger le rivage des forces océaniques, ou d’un piège à poissons préhistorique remarquablement élaboré et d’une échelle sans précédent, utilisé pendant plusieurs siècles.
« Il existe des similitudes architecturales entre ces structures et les nasses à poissons décrites dans l’archipel de Molène, à 40 kilomètres au nord de Sein », notent les chercheurs. « La dissymétrie ainsi que la largeur de TAF1 suggèrent que des pierres ont été délibérément ajoutées pour renforcer la résistance de la structure du côté nord, exposé à la houle. »
Concluant sur une note plus spéculative, l’équipe relie le site à la légendaire cité engloutie d’Ys, qui se trouverait à 10 kilomètres à l’est du site. Consécutif à la montée rapide des eaux, l’abandon d’un territoire développé par une société hautement structurée aurait durablement marqué le folklore local.
Par Yann Contegat, le
Source: IFL Science
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