
Non loin du célèbre site préhistorique de Stonehenge, des archéologues ont mis au jour un « prototype » vieux de 5 000 ans. Également aligné sur les solstices solaires, il aurait autrefois été le théâtre d’importantes festivités.
Prototype préhistorique
Cette découverte majeure est intervenue lors d’un chantier à Bulford, situé à seulement 5 kilomètres de Stonehenge. La structure se compose de deux profondes fosses distantes d’une centaine de mètres, dans lesquelles auraient été plantés deux poteaux de bois de 4 mètres, formant une ligne pointant directement vers le soleil levant lors du solstice d’été et vers le soleil couchant lors du solstice d’hiver.
Décrit comme une version simplifiée de Stonehenge, le site remonte, d’après les datations au radiocarbone, à environ 2 950 avant notre ère. De ce fait, il précède de près d’un demi-millénaire son emblématique voisin de pierres. « Il s’agit sans doute de la découverte la plus importante de ma carrière », s’est réjoui Phil Harding, de la société privée Wessex Archaeology.
L’équipe a également mis au jour 48 fosses plus petites contenant de nombreux artefacts, notamment des tessons de poterie, des os d’animaux, des silex taillés et du charbon de bois. Elle évoque également un « poste d’observation », duquel a été extrait un outil coupant et circulaire en pierre, interprété comme une référence symbolique au soleil.
Un important lieu de rassemblement
D’après Harding, l’échelle et les objets découverts suggèrent que cette structure préhistorique constituait à l’époque un important lieu de rassemblement, où des dizaines, voire des centaines de personnes auraient festoyé.
« Lorsque nous parlons de solstices, nous parlons de religion. La façon dont les peuples anciens comprenaient le cosmos, le monde qui les entouraient, et leur place en son sein », détaille Matt Leivers, qui a co-dirigé les fouilles. « Ce que nous observons à Bulford, puis plus tard à Stonehenge, c’est une façon de marquer et de célébrer le passage du temps, tout en cherchant à s’attirer des faveurs divines. »
De façon intrigante, plusieurs des poteries de Bulford s’avèrent étroitement similaires à celles fabriquées à la même époque dans l’archipel écossais des Orcades, à quelque 700 kilomètres de là.
Associée aux récentes analyses chimiques de la massive pierre d’autel de Stonehenge, provenant également du nord de l’Écosse, elles suggèrent des liens étroits entre les communautés de ces deux parties de la Grande-Bretagne, ayant perduré des siècles.
Par Yann Contegat, le
Source: IFL Science
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