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Des archéologues américains ont annoncé la découverte de six squelettes dans les décombres du Whydah, un bateau pirate britannique ayant coulé lors d’une violente tempête en 1717 avec 146 hommes à son bord, et un trésor.

Un naufrage d’une rare violence

L’équipe de Barry Clifford, qui avait localisé l’épave du navire en 1984, a trouvé ces restes humains à l’intérieur d’énormes concrétions, masses rigides se formant autour des objets sous-marins. Les chercheurs prévoient d’examiner plus en détail les six squelettes, dont certains comportaient des os brisés, probablement lors du chavirage du navire, à l’aide de technologies de pointe, afin d’identifier ces pirates et leurs éventuels descendants.

Ce n’est pas la première fois que des archéologues récupèrent des restes humains sur le site du naufrage. En 2018, des experts du Whydah Pirate Museum avaient comparé l’ADN d’un des descendants du capitaine du Whydah, Samuel « Black Sam » Bellamy, à celui d’un fémur trouvé dans l’épave. L’analyse avait suggéré que l’homme auquel ce dernier appartenait était originaire de Méditerranée orientale, et ne possédait pas de lien de parenté avec le redoutable capitaine.

L’analyse préliminaire du squelette complet récemment découvert dans l’épave du Whydah a montré que le pirate anonyme était mort un pistolet à la main et un fragment de métal (probablement de l’or) caché dans l’une de ses poches. « Il semble que cette personne ait été tuée par un cylindre de plomb de près de 200 kilos, retrouvé encastré dans la concrétion, juste au-dessus des restes du malheureux », détaille Clifford. « Bien qu’il ne s’agisse pas de Bellamy, l’étude détaillée de son squelette pourrait nous mener à lui. »

Seule épave de navire pirate authentifiée au monde, le Whydah a connu une fin pour le moins mouvementée. Le 26 avril 1717, celui-ci s’abîmait au large des côtes de Wellfleet. Un naufrage n’ayant laissé que deux survivants parmi les 146 membres d’équipage. Si les corps de 101 d’entre eux avaient fini par être rejetés sur le rivage, 43 autres, dont Bellamy, auraient vraisemblablement coulé avec le navire.

Samuel Bellamy, le « Robin des Bois des mers »

Né dans l’ouest de l’Angleterre vers 1689, Bellamy fut l’un des pirates les plus riches de tous les temps. Selon les données compilées par Forbes, au cours de sa prolifique mais courte carrière, l’homme aurait amassé l’équivalent de 145 millions de dollars, avant de disparaître avec son navire à l’âge de 28 ans seulement.

L’équipage de Bellamy était composé d’esclaves africains, d’Amérindiens et de marins venant des quatre coins de l’Europe et de l’Amérique du Nord. Dédié à l’origine au transport des esclaves, le navire britannique avait été capturé par Bellamy au début de l’année 1717. Selon les historiens, le capitaine aurait traité tous les membres de l’équipage de manière égale, en leur permettant notamment de prendre part aux décisions importantes.

Modèle réduit du Whydah Gally exposé au Houston Museum of Natural Science — © Jjsala / CC BY 2.0

Se surnommant lui-même le « Robin des Bois des mers », Bellamy considérait la piraterie comme une forme de justice contre les riches marchands qui « volaient les pauvres sous le couvert de la loi ». Lors d’un discours, celui-ci aurait notamment déclaré : « Nous pillons les riches sous le couvert de notre propre courage. »

Un butin impressionnant

Comme le détaille le site web du Whydah Pirate Museum, « au moment du naufrage, le bateau transportait des objets de valeur provenant de plus de 50 autres navires capturés par les pirates de Bellamy ». Parmi les objets récupérés dans l’épave, qui constituent « un échantillon culturel sans précédent de matériel datant du XVIIIe siècle », figuraient 15 000 pièces de monnaie, un arsenal incluant un pistolet de calibre 56, des outils, des chaînes et des pierres précieuses.

« Nous savons qu’un tiers de l’équipage était d’origine africaine et le fait que le Whydah était initialement un navire d’esclaves, les présente sous un tout autre jour. Le légendaire Samuel ‘Black Sam’ Bellamy et ses hommes expérimentaient la démocratie bien avant que les sociétés dites civilisées n’envisagent une telle chose », conclut Clifford.

Pièces d’or découvertes sur le site du naufrage — © Theodore Scott / CC BY 2.0

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