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— Herticet / Shutterstock.com

Développé dans les années 1970 pour évaluer la capacité d’un individu à se reconnaître, le test du miroir a été récemment passé par des souris, avec des observations suggérant une forme de conscience de soi chez ces rongeurs.

Un comportement « conditionné »

Après avoir appliqué une goutte d’encre noire ou blanche sur le front de souris à pelage sombre, les chercheurs ont placé chaque rongeur dans une boîte équipée d’un miroir. Les enregistrements vidéo ont révélé que les spécimens à tache blanche passaient plus de temps à se toiletter la tête lorsqu’ils se trouvaient devant l’objet.

Si un tel comportement semble indiquer qu’à l’instar des poissons ou des chimpanzés, elles sont capables de se reconnaître elles-mêmes, il semblait dans ce cas conditionné par l’exposition préalable aux miroirs, le fait d’avoir côtoyé d’autres souris, ainsi que la taille de la tache.

« Contrairement aux humains et aux chimpanzés, elles avaient besoin d’indices sensoriels externes pour réussir le test du miroir », souligne Jun Yokose, auteur principal de la nouvelle étude, publiée dans la revue Neuron. « Nous devions mettre beaucoup d’encre sur leur tête, et il est probable que le stimulus tactile produit par son application ait joué un rôle. »

En étudiant la base neuronale de ce comportement supposé d’auto-reconnaissance, l’équipe a découvert qu’il impliquait l’activation d’un groupe particulier de neurones dans l’hippocampe. Lorsque ces derniers étaient inhibés, les rongeurs cessaient de le manifester.

Le rôle de la socialisation

Toutefois, il s’est également avéré que certaines cellules hippocampiques s’activaient lorsque les souris étaient confrontées à leurs congénères, expliquant potentiellement l’absence d’une augmentation des comportements de toilettage observée chez les spécimens « socialement isolés ».

La prochaine étape consistera à déterminer si les souris peuvent toujours percevoir les changements de leur apparence en l’absence de stimulation tactile marquée, et d’étudier plus en profondeur les zones cérébrales et mécanismes neuronaux impliqués dans cette forme apparente de reconnaissance de soi.

En début d’année, des expériences menées en Antarctique avaient suggéré un certain niveau de conscience de soi chez les manchots Adélie.

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