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— Christian Wilkinson / Shutterstock.com

La réussite partielle du test du miroir, visant à évaluer la capacité d’un individu à se reconnaître, suggère un certain niveau de conscience de soi chez les manchots Adélie.

Trois tests pour explorer la capacité des manchots à reconnaître leur reflet

Mis au point dans les années 1970 et passé avec brio par une poignée d’espèces (dauphins, éléphants, chimpanzés, perroquets…), le test du miroir consiste à marquer une zone du corps, telle que le front, et à voir si les sujets la touchent ou l’examinent lorsqu’ils observent leur reflet. Dans le cadre de travaux prépubliés sur le serveur bioRxiv, des chercheurs indiens ont examiné les réactions de manchots Adélie sauvages (Pygoscelis adeliae) vivant sur l’île Svenner, dans l’Antarctique oriental, dans trois scénarios différents.

La première expérience a impliqué le placement de trois manchots choisis au hasard dans une enceinte en carton à trois côtés équipée de deux miroirs. Selon l’équipe, le fait que les animaux aient passé de longues périodes à inspecter leur reflet indiquait une « exploration de l’image de soi ».

Lors de la seconde, quatre manchots ont été soumis à un test similaire, mais cette fois avec un disque en papier fixé au miroir qui obstruait la vue de l’oiseau sur sa tête et le haut de son corps. Les sujets étaient plus agités physiquement que lors du test précédent et ont commencé à picorer les disques, ce qui, d’après les auteurs de l’étude, constituait potentiellement une tentative de retirer cet élément gênant.

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Manchot Adélie regardant attentivement son image dans un miroir — © bioRxiv 2022

Dans le troisième et dernier test, l’équipe a placé des bavoirs colorés autour du cou de cinq manchots. Si les oiseaux ont continué à examiner longuement leur reflet, ils n’ont pas tenté de toucher ou de se débarrasser de leurs bavoirs.

Un certain degré de conscience de soi

Selon les auteurs de l’étude, cette « réussite partielle » du test du miroir serait potentiellement liée à l’organisation sociale des manchots : le fait de vivre au sein de colonies comptant des milliers d’individus les aurait amenés à développer un certain degré de conscience de soi. Cependant, de nombreux chercheurs se montrent sceptiques.

« Les pingouins équipés de bavoirs n’ont pas dirigé spécifiquement leur attention sur ces éléments, ce qui semble indiquer qu’ils ne font pas le lien entre leur reflet et eux-mêmes », commente Frans de Waal, de l’université Emory en Géorgie.

Un avis que partage Gordon Gallup, chercheur à l’université d’Albany ayant conçu le fameux test. « Le plus souvent, les interprétations proposées sont basées sur le ressenti et l’intuition », estime-t-il. « Il se peut en effet que les manchots soient capables de se reconnaître, mais le démontrer nécessitera une approche expérimentale et scientifique beaucoup plus rigoureuse. »

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