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Si la résistance et l’élasticité exceptionnelles de la soie d’araignée sont bien connues, des chercheurs ont récemment découvert que ces créatures utilisaient leurs toiles comme de véritables amplificateurs, afin d’étendre leur sens de l’audition.

Des expériences riches d’enseignement

Dans le cadre de travaux publiés dans la revue PNAS, Ron Miles et ses collègues de l’université de Binghamton ont mené des expériences impliquant des araignées tisseuses Araneidae. Celles-ci visaient à mieux cerner les propriétés acoustiques de ce matériau unique, dans l’espoir de développer des microphones plus sophistiqués utilisables dans toutes sortes d’applications (appareils auditifs, téléphones portables…).

L’équipe a utilisé un vibromètre laser pour mesurer le mouvement de leurs toiles en réponse aux sons à 1 000 endroits différents, créant ainsi une image plus large de la façon dont la toile se déplace lorsqu’elle est soumise aux minuscules particules d’air vibrant. Ils ont ensuite cherché à étudier le comportement de l’araignée dans la toile, afin de déterminer si, ou comment, elle réagissait aux différents sons.

Pour ce faire, les chercheurs ont placé un petit haut-parleur à environ 2 mm du plan de la toile, et à 5 cm de son centre, où se trouvait l’araignée. Il s’est avéré que le son voyageait vers la créature non seulement par l’air, où il s’estompait rapidement, mais également le long de sa toile avec peu d’atténuation, atteignant l’araignée à des niveaux d’environ 68 décibels.

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Dans certaines des expériences, les araignées ont également été observées en train de s’accroupir et de s’étirer, ce qui, selon les scientifiques, pourrait être un moyen d’accorder leurs toiles pour capter des sons à différentes fréquences.

Un moyen viable de détecter le son

Les araignées étant déjà connues pour réagir lorsque quelque chose fait vibrer leur toile, comme une mouche ou une autre proie potentielle, les scientifiques pensent que ces nouvelles capacités pourraient être une extension de ce système d’alerte pour détecter non seulement les proies potentielles mais aussi les prédateurs.

« L’araignée est vraiment la preuve qu’il s’agit d’un moyen viable de détecter le son en s’appuyant sur la pression exercée par les forces visqueuses présentes dans l’air sur de fines fibres. Si cela fonctionne dans la nature, nous devrions peut-être nous y intéresser de plus près », conclut Miles.

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