Les chercheurs aiment s’inspirer de la nature pour créer des robots toujours plus perfectionnés. Néanmoins, ils font parfois appel à des animaux insolites. C’est le cas de SlothBot, un petit robot imaginé par des chercheurs de Géorgie qui est aussi lent qu’un paresseux.

LA « THÉORIE DE LA LENTEUR » COMME BASE ?

Dans le domaine de la robotique, la rapidité, l’agilité et l’efficacité sont des critères déterminants dans le développement d’un nouveau robot. Mais d’après Magnus Egerstedt, il est parfois bon d’appliquer la « théorie de la lenteur ». Ce chercheur a constaté que beaucoup d’applications ne se basaient pas sur la vitesse. « Il suffit d’être là à observer ce qui se passe pendant de longues périodes de temps. » Il a alors décidé de développer un robot lent, donc moins gourmand en énergie, et capable d’accomplir une seule tâche. Ces qualités, il les a retrouvées chez un animal : le paresseux.

Comptant parmi les espèces les plus lentes du règne animal, le paresseux vit principalement en Amérique du Sud et en Amérique centrale. Ce mammifère qui descend très rarement des arbres peut dormir jusqu’à 22 heures par jour. Quant à sa nourriture, elle se compose de feuilles, mais son métabolisme lent fait qu’il mange très peu. Ce cycle de vie très lent a été le point de départ du développement de SlothBot, le robot-paresseux.

« Ce qu’il y a de bien avec un cycle de vie très lent, c’est qu’on n’a pas vraiment besoin de beaucoup d’énergie. Vous pouvez avoir une longue durée et de la persistance dans une zone limitée avec très peu d’énergie sur une longue période de temps. »

La lenteur du paresseux a inspiré les chercheurs pour SlothBot

QUELLE EST SA MISSION ?

Magnus Egerstedt a expliqué qu’il y a « beaucoup de choses que nous ignorons sur ce qui se passe réellement sous les zones couvertes d’arbres denses ». SlothBot a donc comme objectif de mesurer les changements environnementaux comme les conditions météorologiques et les facteurs chimiques dans l’environnement. Cependant, comme un paresseux, il ne se déplace que quand la situation le réclame. Il peut donc bouger quand il observe un changement ou quand il a besoin d’énergie.

Le robot-paresseux est équipé de 2 panneaux photovoltaïques et peut donc se placer au soleil pour se recharger. Pour ses déplacements, SlothBot est taillé pour la canopée. Son corps se compose de deux parties reliées par une charnière, le tout imprimé en 3D. Un système de roues lui permet de ramper sur des fils. Par la suite, il sera recouvert d’une coque qui lui donnera l’apparence d’un vrai paresseux. Au-delà de l’esthétique, cette coque protégera également tous ses composants de la pluie et du vent.

SLOTHBOT BIENTÔT TESTÉ AU CŒUR DE LA JUNGLE

Avec son système de roues, SlothBot offre donc une nouvelle manière de se déplacer et de surveiller les écosystèmes fragiles. De plus, ses besoins en énergie sont limités car il ne se déplace que quand il estime qu’il le faut et se recharge tout seul. S’il est encore en phase de test, les chercheurs espèrent bientôt pouvoir l’amener sur le terrain.

Une plantation de cacao située au Costa Rica a déjà été repérée pour cette expérimentation. En prime, elle abrite de vrais paresseux. Amener SlothBot ici sera donc idéal pour voir s’il est comme un vrai paresseux et comment les animaux vont réagir à sa présence.

Vue rapprochée du SlothBot ©Youtube

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