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— lassedesignen / Shutterstock.com

Les récentes analyses d’antiques carquois ont permis de confirmer que les anciens guerriers scythes utilisaient de la peau humaine (probablement celle de leurs ennemis) pour fabriquer différents objets.

Coutumes macabres

Le quotidien des anciens Scythes reste encore obscur, mais il ne fait aucun doute qu’il s’agissait de redoutables cavaliers et archers. Ayant occupé les vastes steppes eurasiennes entre 700 et 300 avant notre ère, ce peuple nomade était réputé pour ses prouesses sur les champs de bataille ainsi que ses coutumes macabres.

Selon le célèbre historien grec Hérodote, les Scythes buvaient régulièrement le sang de leurs ennemis, utilisaient leurs scalps comme serviettes ou les cousaient ensemble pour créer des manteaux, tandis que la peau de leurs mains (ongles compris) servait à recouvrir leurs carquois. Toutefois, jusqu’à présent, il n’existait aucune preuve concrète de telles pratiques.

Dans le cadre de travaux publiés dans la revue PLOS One, des chercheurs ont procédé à l’analyse paléoprotéomique (protéines) de près d’une cinquantaine d’échantillons de cuir et de fourrure provenant de 14 sites scythes différents dans le sud de l’Ukraine. Une approche leur ayant permis d’identifier précisément sur quelles espèces ces différents fragments de peau avaient été prélevés.

Plusieurs des échantillons analysés par les chercheurs — © Gleba et al. / PLOS One 2023

Des carquois en partie constitués de peau humaine

S’il s’est avéré que la grande majorité des échantillons provenaient d’espèces animales élevées par les Scythes (mouton, chèvre, bœuf, cheval…), possédant une peau résistante particulièrement adaptée à la fabrication d’artefacts en cuir, ceux issus de deux carquois, décrits comme des « patchworks multi-espèces », étaient d’origine humaine.

Confirmant en partie les affirmations d’Hérodote, ces objets macabres constituaient probablement pour les cavaliers scythes de véritables trophées, illustrant leur bravoure au combat.

L’analyse des échantillons de fourrure a de son côté montré qu’ils provenaient de plusieurs espèces sauvages (anciens félidés, renard et écureuil). Globalement, la variété des sources utilisées pour confectionner ces objets renforce l’idée que cet ancien peuple des steppes possédait « une connaissance sophistiquée du traitement de la peau » ainsi « qu’un certain degré de spécialisation artisanale ».

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