Madagascar est un pays extrêmement riche en termes de ressources naturelles et de biodiversité. Il existe en effet sur la grande île, plus que nulle part ailleurs, un grand nombre d’espèces animales et végétales qui sont endémiques de ce pays. Parmi ces espèces, nous avons notamment le scarabée girafe, un petit scarabée rouge à l’allure vraiment étrange.

Un scarabée rouge © Flickr / vil.sandi

Le scarabée girafe, ou de son nom scientifique Trachelophorus giraffa, est un type de coléoptère indigène à Madagascar. Il est ainsi appelé en raison de son cou distendu qui s’élève au-dessus de sa carapace. Son long cou au-dessus d’un corps rond en pente rappelle en effet la girafe africaine. Les scarabées girafes sont d’un noir profond avec des revêtements d’ailes rouge vif. Le scarabée girafe, comme tous les scarabées, est de la famille des coléoptères.

L’insecte provient donc de Madagascar, une grande île située au large de la côte est de l’Afrique. L’isolement de l’île du continent signifie que de nombreuses espèces ont évolué là-bas et ne se trouvent nulle part ailleurs dans le monde. Bien qu’il existe un autre scarabée girafe en Nouvelle-Zélande, l’espèce malgache gagne tout concours de beauté avec son magnifique élytre rouge (une aile antérieure modifiée et durcie) couvrant ses ailes volantes. Eh oui, cet insecte est capable de voler.

Un scarabée girafe de Madagascar © Wikipedia / Bernard DUPONT

BIEN QUE L’INSECTE S’APPELLE UN SCARABÉE, IL S’AGIT EN FAIT D’UN CHARANÇON.

Bien que l’espèce ne soit pas inscrite sur la liste des espèces menacées ou en voie de disparition, on en sait très peu sur le sujet, car le scarabée girafe de Madagascar n’a été découvert que récemment, plus précisément en 2008. Cependant, on pense que la population est en bonne santé et, chose remarquable, aucune autre espèce ne l’a précédée. On soupçonne que les œufs peuvent cependant être occasionnellement mangés par d’autres insectes.

Le mode de vie du scarabée girafe

Un scarabée girafe tout en rouge © Wikipedia

Il est à savoir que le cou du scarabée girafe est trois fois plus long chez le mâle que chez la femelle de l’espèce. Chez les mâles, le cou mesure notamment entre 15 à 25 millimètres, alors que cela varie de 12 à 15 millimètres pour les femelles. En tant que tel, l’insecte est sexuellement dimorphe. Ce cou exagérément long chez les mâles est notamment utilisé pour des combats particulièrement agressifs contre d’autres mâles.

Ces combats font partie des rituels d’accouplement de l’espèce. Cela signifie qu’à l’issue du combat, ce seront les mâles les plus forts qui pourront féconder les femelles. Quant aux femelles, elles attendent patiemment l’issue du combat et agissent même parfois comme une sorte d’arbitre avant de procréer avec les gagnants. Si les scarabées girafes mâles sont ainsi très agressifs entre eux, ils ne montrent aucun signe d’agressivité envers les autres espèces, ni chassent, ni mangent d’autres animaux. Il est aussi rare que les mâles s’entretuent dans cette lutte.

Un scarabée girafe © Wikipedia / Axel Strauß


LES SCARABÉES GIRAFES SONT DES INSECTES EXCLUSIVEMENT HERBIVORES, ET SE NOURRISSENT ESSENTIELLEMENT DE FEUILLES.

En ce qui concerne leur lieu d’habitation, ces insectes vivent à l’intérieur des « arbres des scarabées girafes », connu sous le nom scientifique Dichaetanthera arborea. L’arbre est également endémique de Madagascar. Il fournit à la fois la maison et l’alimentation pour le scarabée. C’est également dans cet arbre qu’ils pondent leurs œufs.

Un scarabée girafe néo-zélandais © Wikimedia / Franz-Rudolf Schnitzler

Tandis que les scarabées girafes mâles roulent les feuilles en forme de cigare, les femelles déposent leurs œufs dans ce petit nid. Lorsque les larves éclosent, la feuille fournira de la nourriture au cours des premiers jours de sa vie. Il faut noter qu’une femelle n’a qu’un seul œuf par ponte. C’est cette capacité des mâles à moduler les feuilles qui leur vaut notamment la réputation d’architectes des forêts de Madagascar.

Le scarabée girafe de la Nouvelle-Zélande

Bien qu’il s’agisse également d’un scarabée girafe, celui de la Nouvelle-Zélande n’a rien à voir avec cette de Madagascar, du moins en termes d’apparence. Le scarabée girafe de Nouvelle-Zélande, ou Lasiorhynchus barbicornis, est un scarabée distinct au museau droit de la sous-famille des Brentinae, endémique de la Nouvelle-Zélande. Contrairement au scarabée malgache, celle-ci a un corps mince avec une couleur marron assez terne.

Un scarabée girafe de la Nouvelle Zélande © Wikimédia / Christina Painting

L’insecte est le plus long coléoptère de Nouvelle-Zélande et montre un dimorphisme sexuel extrême : les mâles mesurent jusqu’à 90 millimètres tandis que les femelles ne mesurent que 50 millimètres au maximum, bien qu’il existe une gamme extrême de tailles corporelles chez les deux sexes. Chez les mâles, le museau allongé (ou le rostre) peut être presque aussi long que le corps. Comme pour les scarabées girafes malgaches, les mâles utilisent également cette longue trompe pour se battre contre les mâles dominants de l’espèce, bien que les petits mâles puissent éviter les conflits et se faufiler pour s’accoupler avec les femelles, parfois sous le nez de gros mâles.


CHEZ LES SCARABÉES GIRAFES, LES MAUX SONT TRÈS IMPLIQUÉS DANS l’ÉLEVAGE DE LEUR PROGÉNITURE.

Contrairement au scarabée girafe de Madagascar, celui de la Nouvelle-Zélande a été découvert il y a plus longtemps. Cette espèce a été décrite par l’entomologiste danois Johan Christian Fabricius en 1775, à partir de spécimens recueillis par Joseph Banks en 1769. Depuis sa découverte, les scientifiques débattent encore sur le fait de savoir si cet insecte est réellement un scarabée, étant donné, qu’effectivement, son apparence ressemble très peu à celui d’un scarabée. Pourtant, son mode de vie est bel et bien celui d’un scarabée.

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